
« C'est à Martines de Pasqually que je dois mon entrée dans les vérités supérieures. »
L.-C. de Saint-Martin,
Mon portrait, n° 418.
Martines de Pasqually (dossier)
Martinès de Pasqually (1710(?)-1774), thaumaturge d'origine espagnole fut le fondateur d'un ordre mystérieux : les Chevaliers Maçons élus coëns de l'univers. Il s'agit d'un rite maçonnique de hauts grades où se mêlent franc-maçonnerie et magie angélique.
À partir de 1771, Saint-Martin sera le secrétaire de cet étrange personnage. Dans ses livres, il développera la doctrine de celui qu'il nomme « son premier maître », celle de la réintégration des êtres.
Ce dossier se divise en trois parties :
- Biographie
- Doctrine
- Correspondance
1. Biographie
Martinès
de Pasqually : biographie
Au milieu du XVIIIe
siècle, dans les années qui suivent sa naissance, la
Franc-maçonnerie cultive les hauts-grades, ceux qui poursuivent
la hiérarchie maçonnique au-delà des degrés
d'apprenti de compagnon et de maître.
Entre 1740 et 1773, ces grades, parfois nommées side-degrees, prolifèrent avec une certaine anarchie. Ils se constituent quelquefois en ordres indépendants, ainsi en est-il de l'Ordre des Chevaliers Maçons Élus coëns, qui apparaît autour des années 1754 et dont Martinès de Pasqually (1710?-1774) fut l'instigateur.
Un
illuminé du dix-huitième siècle, Martinès
de Pasqually
Texte d'Auguste Viatte, extrait de la Revue d'histoire de l'Église de France, 1922, vol. 8, n° 41. (Pdf sur le site Persée)
Un
faux portrait de Martines de Pasqually
Un dessin circule, qui se prétend être le portrait de Martines de Pasqually et est tiré d'un ouvrage d'Arthur Edward Waite paru en 1911 : The Secret Tradition in Free-Masonry. Cet auteur l'a vraisemblablement repris au fort peu recommandable Léo Taxil, dont il connaissait l'œuvre.
Vrais
ou faux portraits ?
En
octobre 2008, Serge Caillet publiait dans le Bulletin
de la Société Martinès
de Pasqually, un portrait supposé être celui de Martinès
de Pasqually venant des milieux initiatiques d’Amérique
du Sud.
À notre plus grand étonnement, à la fin de l’année 2009, un libraire parisien, qui ne connaissait pas le document que nous venons d’évoquer, me communiqua un portrait du même personnage provenant d'une source suédoise. Or, ce dernier était le même que celui qui fut publié par Serge Caillet un an plus tôt, à la différence près qu’il présentait un agencement différent.
Le décès de Martinès de Pasqually
Parmi la multitude des documents accessibles en ligne, figure un texte particulièrement intéressant : il s'agit de la copie de la déclaration du décès de Martinès de Pasqually, du 20 septembre 1774, (l'original a disparu). Il figure dans le Régistre de la paroisse de Port-aux-Princes, année 1774, F° 199 v°.
Notice
historique sur le martinésisme et le martinisme
par un Chevalier de la Rose Croissante (Albéric
Thomas)
Le texte suivant a été publié en introduction à la première édition du Traité de la réintégration des êtres dans leurs premières propriétés, vertus et puissances spirituelles et divines, Paris, Bibliothèque Chacornac, coll. « Bibliothèque Rosicrucienne », 1899.
Critique
de la notice d'Albéric Thomas
Texté publié par Jacques Brieu dans le Mercure de France tome XX, avril-juin 1899
2–
Doctrine
Traité de
la réintégration des êtres dans leurs premières
propriétés, vertus et puissance
spirituelles et divines
Version numérisée sur le site Gallica de la Bibliothèque Nationale de France, éditions Bibliothèque Chacornac, 1899 (PDF).
Le
traité sur la réintégration des êtres : des
manuscrits aux éditions
Un document très-secret,
circulait de loge en loge, par copies manuscrites, exclusivement. Ce
n’était pas un livre destiné à être
publié, mais une sorte d’exposé doctrinal, sur une
base judéo-chétienne, élaboré par Martinès
de Pasqually, thaumaturge et fondateur d'un ordre mystérieux :
les Chevaliers Maçons élus coëns de l'univers, rite
maçonnique de hauts grades où se mêlent franc-maçonnerie
et magie angélique. C’est à l’aube du XXe siècle
que fut publié pour la première fois l’intégralité du
Traité par Henri Chacornac, en 1899 très exactement.
Une
référence au Traité sur la réintégration en 1851
Jusqu’à ce jour,
on pensait que 1862 était l’année de la première
divulgation du Traité sur la réintégration des êtres,
le texte majeur de Martinès de Pasqually [1]. Or, des fragments
en ont été publiés onze ans plus tôt. Ce texte,
publié dans le Messager des sciences historiques, des arts et
de la bibliographie de Belgique en septembre 1851, reproduit une lettre
adressée, par un habitant de Gand, au rédacteur du Messager où il présente « Une œuvre inédite de
Martinetz de Pasqually ».
L'initiation au grade de Réaux-Croix
Le grade de Réaux-Croix reste l’un des plus énigmatiques du système initiatique de l’ordre des Chevaliers Maçons élus coëns de l’univers. Alors qu’il existe nombre de textes et documents sur les cérémonies d’initiation aux divers grades de l’ordre fondé par Martinès de Pasqually, celui qui couronne sa hiérarchie n’est que partiellement connu.
Discours
d'instruction à un nouveau reçu sur les trois grades
d'apprenti compagnon et maître symboliques (texte élu-coën)
D’après
l’original de la bibliothèque municipale de Lyon, Fonds
Willermoz, Ms 5919-12 .
« Mon frère, on vous a dit dans votre premier examen que l'Ordre
renfermait des connaissances sublimes et les plus capables de satisfaire
l'homme qui pense à connaître la noblesse de notre origine,
la dignité de l'excellence de notre être, la fin pour laquelle
vous avez été créé, la gloire du premier état
de l'homme tant qu'il s'est maintenu dans la justice, le genre de prévarication
dont il s'est rendu coupable envers le Créateur, la juste punition
qu'il en a reçu dont nous éprouverons les effets jusqu'à la
fin des temps, et enfin les moyens de réacquérir une partie
des droits dont il a déchu, s'il s'en rend digne. »
(Document Pdf)
Essai
d'un discours du Me Vialetes à la réception du Me chevalier
de Guibert, prononcé le 24 mars 1788
Vous venez d'être initié,
mon Très Cher Frère, dans un ordre qui, ayant pour but
de ramener l'homme à sa glorieuse origine, l'y conduit comme par
la main, en lui apprenant à se connaître, à considérer
les rapports qui existent entre lui et la nature entière dont
il devait être le centre s'il ne fût pas déchu de
cette origine, et enfin à reconnaître l'Être suprême
dont il est émané.
Invocation
de réconciliation
Obtenir sa réconciliation était pour les membres de l'ordre des Élus coëns une étape indispensable à leur avancement. Pour y travailler, les émules de Martines utilisaient une prière particulière, l'invocation de réconciliation, pendant leurs travaux mystiques. Qu'en est-il de cette réconciliation ? Elle consiste à obtenir un signe venant de l'« esprit bon compagnon » qui accompagne chaque homme durant son exil terrestre. Ce signe, qui se manifeste le plus souvent sous la forme d'un hiéroglyphe lumineux, constitue pour l'initié un indice décisif qui lui montre qu'il a fait le premier pas sur la voie de la réintégration.
Table
des hiéroglyphes
Le document que nous présentons
ici est extrait du fonds Prunelle de Lière (Ms T 4188) de la bibliothèque
municipale de Grenoble. Il représente 42 hiéroglyphes associés à la
lettre R. Cette table fait partie d'un recueil comportant 89 pages. Ces éléments,
associés à une table alphabétique de 2 400 noms,
servaient aux élus coëns pour interpréter le sens
des hiéroglyphes lumineux apparaissant pendant leurs opérations
théurgiques.
3 – Correspondances
Lettre
de Martines de Pasqually à Willermoz
Le document que nous présentons ici est extrait du fonds Jean-Baptiste Willermoz (Ms 5471) de la bibliothèque municipale de Lyon. Il s'agit d'une lettre datée du 13 août 1768, dont seules deux parties sont ici reproduites.
Dans cette lettre, Martines de Pasqually explique à celui qui n'est encore qu'un apprenti, la manière dont il doit jeûner avant d'entreprendre ses travaux théurgiques. Il lui donne également des indications relatives aux prières qu'il doit effectuer régulièrement pour être en état d'œuvrer efficacement.
