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› La soie et le compas J.-B. Willermoz (1730-1824)
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Notes : 1. Alice Joly est l'auteur d'une biographie magistrale sur le personnage qui nous intéresse ici : Un Mystique lyonnais et les secrets de la franc-maçonnerie, Jean-Baptiste Willermoz, Macon, 1938. Archiviste-paléographe, elle était l'épouse du conservateur de la bibliothèque municipale de Lyon (où se trouve le fonds Willermoz). Elle fut aussi l'amie de René Le Forestier, auteur bien connu pour ses travaux sur la franc-maçonnerie et les Élus coëns. Le livre d'Alice Joly a été réédité chez Déméter en 1986, avec un avant-propos et un index d'Antoine Faivre.
2. Voir sur ce point le catalogue de l'exposition du musée des Beaux-Arts de Lyon (28 juin-22 septembre 2003) : Lyon, carrefour européen de la franc-maçonnerie, éd. Mémoire active, 2003. Ce volume comporte également un article de Roger Dachez, « Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824) », p. 41-43.
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On peut diviser la vie de Jean-Baptiste Willermoz en quatre grandes périodes. La première est marquée par son entrée dans la franc-maçonnerie (1750-1772) ; la deuxième est celle de sa participation à la Stricte Observance Templière, (1773-1782) ; la troisième est tournée vers le magnétisme et culmine avec l'épisode de l'Agent Inconnu (1783-1788) ; enfin, la dernière période de sa vie ésotérique est marquée par les grands bouleversements de la Révolution (1789-1824).
Dès le XVIe siècle en effet, les métiers liés au travail de la soie connaissent un certain développement dans la région lyonnaise. Au XVIIIe siècle, grâce à la virtuosité de ses tisseurs, ses manufactures acquièrent une renommée internationale. Cette activité, regroupant d'un côté les fabricants – les canuts –, et de l'autre les négociants – les soyeux –, occupe une place importante dans la vie économique de la capitale des Gaules. Sur les 150 000 habitants que compte alors la ville, plus de 50 000 vivent de la soierie. Lyon est une place forte du catholicisme ; elle est aussi la capitale française de l'ésotérisme et de l'occultisme. Véritable carrefour européen de la franc-maçonnerie, elle joue un rôle fondamental dans l'histoire de cette institution (2). Deux rites encore pratiqués aujourd'hui y naissent : le Régime écossais rectifié, sous l'influence de Jean-Baptiste Willermoz, ainsi que la maçonnerie égyptienne de Cagliostro (1784). La maçonnerie lyonnaise est donc très active, et au moment de la Révolution, la ville compte plus de 1 000 francs-maçons répartis dans 16 loges. L'initiation maçonnique C'est en 1750, alors qu'il n'a que vingt ans, que Jean-Baptiste Willermoz est initié dans la franc-maçonnerie. Rappelons que cette organisation, née en 1717, a fait ses premiers pas en France vers 1725, et que la première loge lyonnaise a vu le jour en 1744, soit six ans avant l'initiation de Jean-Baptiste Willermoz. Il en gravit très vite les premiers grades et devient Vénérable de sa loge dès 1752. Rapidement, il occupe une place importante dans la franc-maçonnerie lyonnaise et fonde en 1753 la loge La Parfaite Amitié, rue Garibaldi. Il accède bientôt aux multiples hauts grades qui naissent à cette époque, comme celui de Rose-Croix. Sa correspondance de juin 1761 avec le Messin Meunier de Précourt, Vénérable d'une loge de Metz, atteste que ce grade était alors pratiqué à Lyon. Du reste, les versions françaises les plus anciennes du degré de Rose-Croix sont celles de Strasbourg (1760) et de Lyon (1761). Vers 1760, Willermoz devient l'un des acteurs essentiels de la Grande Loge des Maîtres réguliers de Lyon, qui se considère comme l'égale de l'institution parisienne.
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