Le 13 octobre marque l’anniversaire de la mort de Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803) et c’est l’occasion pour nous de remettre à l’honneur quelques textes relatifs à cet événement. Le premier est une Hymne pour l’anniversaire de Mr de Saint-Martin, dont l’auteur probable est Nicolas de Tournyer, petit cousin, amis, disciple de Saint-Martin et éditeur des Œuvres Posthumes. Ce texte vient du « Manuscrit Watkins », découvert par R. Amadou en 1958, grâce à Geoffrey Watkinks, libraire à Londre (voir Le Manuscrit Watkins). L’Hymne a été publiée pour la première fois dans Les Cahiers de la Tour Saint-Jacques (II, III, IV, 1960, p. 213-214). Il n’a jamais été réédité depuis. Le deuxième est un acrostiche, c’est-à-dire poème dont les initiales de chaque vers, lues verticalement, composent un mot ou un nom (S A I N T – M A R T I N). Il est signé L. G. G. Le troisième, Élégie, est un poème anonyme en prose. Ces deux textes ont été publiés en 1817 par Nicolas Tournyer dans le premier tome des Œuvres Posthumes (après la p. XXX, sans numérotation).
Hymnes
Hymne pour l’anniversaire de mr de St-Martin
mort à Aubois [sic, pour Aulnay] près Paris le 3 [sic pour 13] octobre 1803
1
Jésus-Christ, prince et Chef des mages et des pasteurs,
De ce bon St Martin célébrant la mémoire,
Vois ses concitoyens et tes adorateurs,
Te rendant en ce jour, salut, honneur et gloire.
2
Si pendant qu’il vécut, son cœur plein de la foi
Fut toujours humble, aimant, modeste et charitable,
S’il combattit l’erreur, et s’éleva vers toi,
Ton esprit l’inspira, le rendit vénérable.
3
Pour nous, pauvres pécheurs, souvent il te priait,
Versant des pleurs d’amour et de reconnaissance ;
Par ses écrits profonds vers Dieu nous ramenait
Prêchant partout la paix, l’union, la bienfaisance.
4
Dans le ciel il te prie, ô mon divin Sauveur !
Rends-nous pieux et bons, exauce sa prière,
Accorde à ses désirs cette insigne faveur ;
Comme lui sans regrets nous quitterons la terre.
ACROSTICHE
Sa profonde sagesse excitera les hommes
A suivre les sentiers de l’aimable vertu.
Il se plut à prouver dans exil où nous sommes,
Notre haute origine … et tant qu’il a vécu,
Terrassa les erreurs de la philosophie.
Maître doux et modeste, il consacra ses soins
A ranimer pour Dieu le zèle des humains.
Respectons sa mémoire en imitant sa vie.
Tes œuvres, ô grand homme ! en ces jours ignorés,
Illustreront ton nom et feront mieux connaître
Notre religion et ses livres sacrés.
L. G. G.
ÉLÉGIE
O trop cruelle mort, tu viens nous enlever
Saint-Martin, ce savant dans la théosophie ;
Il combattit l’erreur et sut se préserver
De ces systèmes vains de la philosophie.
Tendre ami, charitable, et chrétien vertueux,
Par ses profonds écrits, surtout par son exemple,
Il a voulu prouver que l’homme n’est heureux,
Si Dieu n’est dans son cœur, comme dans son vrai temple,
Prié, remercié de ces dons éternels ….
Et si cet homme enfin ne voit de biens réels,
Parmi les maux affreux dont notre terre abonde,
Que dans l’amour divin, dans ce puissant secours ;
Lui-seul peut sauver de ce déluge immonde,
Jusqu’à ce qu’il atteigne aux immortels séjours.
Ces douces vérités méritent notre hommage :
Imitons, s’il se peut, les vertus de ce sage,
Qu’avec tant de sujet nous pleurons aujourd’hui,
Calamité pour nous, c’est le bonheur pour lui ;
Du bien qu’il nous a fait il reçoit la couronne :
Ce Dieu qu’il aima tant, c’est lui qui la lui donne.





