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Dom Pernety et les illuminés d'Avignon [1 | 2 | 3 ]

Notes :

6. Note d’Infotourisme sur internet :

Le Château Mont Thabor, bâtisse du XVIIe siècle, se situe sur une colline de faible hauteur qui domine Bédarrides, près de la nationale 7. Il appartenait au Marquis de Vaucroze. Le nom de Mont Thabor fut donné par Don Pernety, fondateur de la secte des Illuminés d’Avignon : Il planta dans la propriété un arbre en provenance de la montagne israélienne, le Mont Thabor. Don Pernety séjourna au Mont Thabor, à la recherche de « la Pierre Philosophale. » En 1840, après un passé agité, le Mont Thabor devint un relais de diligences. Son propriétaire, Monsieur Poulin fut enterré dans un tombeau près des vignes, avec le cœur de sa maîtresse !

7. Selon Viatte, « Vaucrose faisait partie du groupe qui gravitait autour de Bergasse avec Saint-Martin, Divonne, la duchesse de Bourbon, Madame de Krüdener, Wronski », in Les sources occultes du romantisme, t. II, Paris, Champion, 1922, p. 248-249.

 

8. Mais point de poudre de projection ou d’ustensiles enterrés comme le désire joliment la légende !

 

9. Dans l’émoi, une coupable distraction m’a fait oublier de lui demander son nom : que cette sympathique personne soit ici chaleureusement  remerciée pour son accueil et la qualité de ses information.

 

10. Vissac, Marc de,  « Dom Pernety et les illuminés d’Avignon », in Mémoires de l’Académie de Vaucluse, t. VI, Avignon, 1922, p. 13.

 

11. Cf. lettre d’Alain Sicard.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

12. Beyer, Armand, « Franz Von Baader »,  in La Tour Saint Jacques, numéros II, III & IV, Roudil-Éditeur, 1960, p. 134.

 

 

 

Le Mont ThaborUne simple ferme ! Si l’appellation château est impropre, les bâtiments sont effectivement imposants. Accolés à une bâtisse du XVIIe et XVIIIe siècle, un élément plus ancien atteste d’une occupation séculaire des lieux [6]. Enfin, je réalise… nous sommes en Languedoc, comment ai-je pu oublier qu’une ferme, ici, suivant son importance, est un mas et peut effectivement prendre l’allure d’une gentilhommière.

« Ne manquez pas de demander l’autorisation de photographier auparavant, m’avait recommandé l’agent de police municipale, vous verrez, c’est un charmant monsieur de plus de 90 ans ». C’est sa fille qui m’a répondu aimablement. Lorsque je lui ai précisé l’objet de ma visite, elle a très rapidement rompu toutes réserves.

« Oui, c’est ici que Dom Pernety a œuvré. Mais dans aucun de ces bâtiments. Le local que lui a attribué le Marquis de Vaucroze [7] est en dessous, une orangerie que mon mari et moi avons entièrement restaurée [8]. C’est bien là qu’il avait installé son laboratoire. Je ne peux malheureusement pas vous le faire visiter, nous avons vendu cette partie du domaine aujourd’hui inaccessible à la visite et invisible aux regards ! » [9]

L’historien Vissac (qui n’appréciait guère Don Pernety et le considérait comme un doux dingue) est le seul qui nous a renseigné sur ces lieux :

« Elle comportait (la maison isolée) trois pièces sommairement meublées. Pernety installa dans l’une le temple, dans une autre une sorte de salle de réunion, dans la troisième enfin, un laboratoire. Un arc en ciel se dessina au firmament à l’instant ou Pernety franchit le seuil de la maison. Pernety fit planter des arbres à partir de graines venues de Palestine et il appela son nouveau temple, le Mont Thabor. [10] »

Mais Vissac dont il faut se défier d’une partialité comparable à l’abbé Corenson (qui partage les idées de son collègue Barruel) ne précise jamais ses sources. D’où la surprise de tout un chacun de découvrir ce domaine, plutôt qu’une petite ferme sur une colline, où il aurait installé son laboratoire dans une servitude !

Le château de Sorgues

L’on ajoute à la confusion,  sachant que l’ancien château du marquis situé, lui, « sur le territoire de Sorgues, en limite de Bédarrides » [11] est converti en hôtel-restaurant de luxe et qu’il annonce dans son encart publicitaire :

« Le château semble avoir joué un rôle mystique et culturel dans la région. Son origine remonte au XIe siècle. Les templiers y auraient enfoui leur trésor et creusé des souterrains reliant le château aux constructions environnantes.
Rasé au XIIIe siècle, il fut reconstruit au XVIe siècle et achevé au XVIIe.

Au XVIIIe siècle, le marquis de Vaucroze le met à la disposition de Dom Pernety, prêtre catholique, herboriste de talent, qui accompagne Bougainville dans ses expéditions.

Dom Pernety fonda la secte des « Illuminés d'Avignon » qui rayonna sur l'ensemble de l'Europe; catholique hérétique, il fit de ce château un lieu de rencontres mystiques, philosophiques et culturelles.

Après la Révolution, le château fut un temps abandonné puis devint la propriété d'un maître de musique. »

On ne tiendra pas rigueur au rédacteur, mal éclairé sûrement, d’avoir établi un document davantage préoccupé par un objectif commercial que par la rigueur historique. N’empêche…

 

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