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Les Nombres (1843)

L'arithmosophie occupe une place importante dans les textes de Saint-Martin. On la trouve exprimée dès son premier ouvrage, Des erreurs et de la vérité, notamment avec l'allégorie du « livre de l'homme » (chap. IV). Pour le Philosophe inconnu, les nombres sont la traduction abrégée des lois divines. Son arithmosophie se distingue de celle que l'on rencontre généralement, dans la mesure où elle prend sa source dans la doctrine de Martinès de Pasqually. Il ne s'agit en aucun cas d'un procédé lié à la magie ou à la divination. Son objet est de mettre en évidence les lois divines exprimées par les dix premiers nombres.

On peut dire que l'arithmosophie saint-martinienne résume toute sa théosophie. Saint-Martin n'a jamais publié son étude sur les nombres, et le texte qui nous est parvenu n'était probablement pas terminé au moment où il mourut en 1803. C'est Léon Chauvin, l'héritier des papiers du Philosophe inconnu à la suite de Joseph Gilbert, qui le publia pour la première fois en 1843.

Bien que ce soit probablement le texte de Saint-Martin le plus hermétique, c'est celui qui a connu le plus d'éditions. Ce livre est réputé pour sa complexité ; en fait, pour le comprendre véritablement, il est impératif d'avoir une bonne compréhension de la doctrine de la réintégration et de la cosmogonie de Martinès de Pasqually. Les préfaces écrites par Nicole Jacques-Chaquin [Jacques-Lefèvre] et Robert Amadou pour les différentes éditions de ce texte (Bélisane et Cariscript, 1983) constituent une bonne introduction à cette arithmosophie théosophique.

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