
Notes
- Traité sur la réintégration des êtres..., première édition authentique d'après le manuscrit de Louis-Claude de Saint-Martin, établie et présenté par Robert Amadou, Le Tremblay, Diffusion Rosicrucienne, 1995.
- Publié par Robert Amadou : Traité de la Réintégration, Paris, Robert Dumas, 1974.
- Ed. Robert Dumas, 1974, p. 113.
- Traité sur la réintégration des êtres..., première édition authentique, op. cit. p. 77.
- Ed. Robert Dumas, p. 281.
- Traité sur la réintégration des êtres, fac-similé du manuscrit autographe de Louis-CLaude de Saint-Martin, Le Tremblay, Diffusion Rosicrucienne, 1993, p. 86.)
- Idem.
Un nouveau manuscrit du Traité sur la réintégration des êtres de Martinès de Pasqually
Dominique Clairembault
Après la découverte du manuscrit d’Agen en 2009, c’est sur celle d’un nouveau manuscrit du Traité sur la réintégration des êtres que s’ouvre le numéro 21 (2011) du Bulletin de la société Martinès de Pasqually. Avec ce nouveau document, la collection des manuscrits du Traité s’enrichit donc, six nouveaux manuscrits ayant été découverts depuis 2009.
Comme le précise Michelle Nahon, ce nouveau document a été acheté par Patrick Blanc chez un libraire, lors du Salon du livre de Cahors (10-11 septembre). Il proviendrait d’un château de la région bordelaise, région qui fut le berceau de l’ordre des Élus coëns.
Ce manuscrit comporte 175 pages écrites recto-verso sur un papier de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Hélas, cette copie du Traité est incomplète, elle s’arrête brutalement sur une page abimée et à demi-effacée, avec les mots « puissante vertu par les ». Ce dernier texte correspond au milieu du paragraphe 225, selon la nomenclature établie par Robert Amadou pour la version du Traité publiée d’après le manuscrit de Saint-Martin (284 paragraphes au total, [1]). Précisons encore que les derniers mots du manuscrit de Cahors correspondent à la page 14 du quatrième cahier du manuscrit de Saint-Martin, lequel comporte cinq cahiers. Le texte de Cahors est donc plus court que le manuscrit Kloss [2], qui s’arrête au paragraphe 229, mais il est plus long que le manuscrit d’Agen, qui s’achève avec le paragraphe 77.
Le titre du manuscrit, Traité sur la réintégration des êtres créés dans leurs premières propriétés, vertus et puissances spirituelles divines, est semblable à celui d’Agen et à ceux des deux copies provenant des archives des Philalèthes, récemment achetées par le G.O.F. et la G.L.N.F., si ce n’est qu’il adopte le pluriel pour sa seconde partie, « dans leurs premières propriétés [...] divines », tandis que les autres mettent ces mots au singulier.
A l’études des trois pages reproduites sur le Bulletin de la Société Martinès de Pasqually, on peut déduire que cet exemplaire du Traité appartient à la famille de la « version originale » (dite version B, ou version courte), dont le premier exemplaire connu est le manuscrit Kloss. Comme toutes les exemplaires de cette catégorie, il commence par :
« Dieu ayant créé pour sa propre gloire, dans son immensité divine, des esprits distincts de lui, pour qu'ils exerçassent le culte que cette Divinité leur avait fixé... » [3].
tandis que ceux qui appartiennent à la famille de la « version finale » (dite version A) commencent par :
« Avant le temps, Dieu émana des êtres spirituels, pour sa propre gloire, dans son immensité divine. Ces êtres avaient à exercer un culte que la Divinité leur avait fixé... »[4].
Outre ces différences, notamment entre les notions de « création » et « d’émanation » qui distinguent le début des deux versions, on peut observer une autre caractéristique qui rattache le manuscrit de Cahors à la « version primitive ». Il s’agit du « signe planétaire », le dessin reproduit sur la page 8 du Bulletin. En effet, ce dernier est semblable à celui qui figure sur le manuscrit Kloss [5]. Il reproduit une étoile à six branches, dont deux sont plus longues et se terminent chacune par une étoile. Dans les textes appartenant à la famille de la « version finale », ce dessin est légèrement différent. L’étoile y est dessinée dans un cercle, duquel émane un rayonnement dont deux excroissances se terminent par un cercle présentant l’aspect d’un visage [6].
Notons que le texte qui introduit ce dessin dans le manuscrit de Cahors est plus complet que celui de Kloss. En effet, ce dernier écrit :
« qui veut dire comète, ainsi que la figure suivante la peint. »
tandis que celui de Cahors précise :
« qui veut dire signe de confusion et de peines terrestre, que l’on appelle vulgairement comète, ainsi que la figure suivante la peint. » (Nous mettons en italique le texte commun aux deux versions.)
Dans ce passage, le texte de Cahors se rapproche du texte de la « version finale », qui écrit :
« qui veut dire : signe de confusion et de peine terrestre, et c'est ce que le vulgaire appelle comète. Voici quelle était la figure de ce signe : » [7].
Les différences entre les textes de Cahors et de Kloss doivent cependant être temporisées, dans la mesure où elles peuvent avoir pour cause l’inattention d’un copiste.
Nulle doute qu’une analyse plus précise nous apportera des informations intéressantes et fera progresser l’étude de la genèse du Traité de Martinès de Pasqually. ![]()
Bulletin de la Société Martinès de Pasqually
Le Traité sur la réintégration, des manuscrit aux éditions
