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Notes

  1. Amadou, Robert, incline pour « un copiste professionnel et obscur » mais au principal défaut de rester anonyme.
  2. Kloss, Georges, médecin, historien et Grand-Profès du R.E.R.
  3. Page 57 dans Un thaumaturge au 18e siècle, Martinès de Pasqually, tome 1.
  4. Ibid.
  5. Fabry, Jacques, décline une thèse intéressante : Le Bernois Friedrich Herbort et l'ésotérisme chrétien en Suisse romantique, où il développe entre autres, une série de mini-biographies dont celle du marquis de Vaucrose. Sur ce dernier, méfions nous des reprises sans vérifications qui font de lui soit un chevalier, soit un comte alors qu’il fut bien marquis, de même pour son grade, une fois capitaine, une autre fois lieutenant-colonel !
  6. Herbort, Friedrich, 1764-1833. Ce théosophe bernois, admirateur de Kirchberger, écrivit en autres, le Compensium hermenium.
  7. Joly, Alice, p. 316 indique que « Le marquis de Vaucroze possédait déjà des documents concernant les quatre premiers grades de Pascally et même le Traité de la Réintégration».
  8. Belle reliure plein cuir, exécutée fin XIXe ou début XXe, par le propriétaire ( ?) de l’époque..

 

5. Le manuscrit Kloss, référencé L 2

L’original de cette copie du Traité est patent : C’est celui du prince Christian de Hesse, cédé par Carl Friedrich Tieman, un ami de Saint-Martin. Selon Van Rijnberk, il se présenterait sous forme d’un volume de 360 pages, in-8° et relié plein cuir. Scripteur non certifié, possiblement le strasbourgeois Jean Frédéric Kuhn [1] qui aurait exécuté cette version à Bordeaux même, où il résidait alors. Puis en 1830, à la mort du prince, transmis à Andreas Schleiermacher. Original ? Non, c’était forcément déjà une copie. À la mort de Schleiermacher, en 1858, il est classé dans les archives du Grand-Duc, puis la trace s’est abîmée. Heureusement, le Docteur Georges Kloss l’ayant emprunté en 1848 à Schleiermacher, en exécuta ou fit exécuter une copie. Le manuscrit Kloss est donc une copie de copie... Encartés, de nombreux ajouts de la main de George Kloss [2] (Introduction, tables, etc.). Propriété actuelle du Grand-Orient des Pays-Bas, à La Haye. 86 feuillets au format 25x34 cm. divisé en trois parties, planche hors-texte traçant le Tableau Universel.

 

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 6. Le fragment de Solesmes

Il s’agit d’une compilation des 26 derniers chapitres de la version courte, référencée B) de la main du petit-cousin de Saint-Martin, Tournyer. C’est donc et encore, une copie de copie. Il montre de nombreux points de conjonction et même de complément avec le manuscrit Kloss, mais sans que les deux rassemblés en produisent la somme. Sa dénomination officielle est très exactement Suite du Grand Traité. Nous le nommerons à l’avenir, de préférence, Le fragment de Solesmes.

Une communication récente de Catherine Amadou nous invite à nuancer notre propos :

« Ce sont les §§ 259 à 284 – qui manquent chez Kloss - de la version B et ils ont été publiés (Renaissance traditionnelle, 101/102, avril 95, 47-69) ».

Provoquons une pause.

En effet, avant d’évoquer le manuscrit numéro 7, avertissons de quelques exemplaires dont on a prétendu l’existence sans pour autant l’attester formellement et perdu tous témoignages, ce qui les rend d’autant plus suspects. Mais en la matière, l’histoire de celui qui va suivre doit nous inspirer la prudence, de même maintenir l’espérance de probables découvertes.

Rapidement, appelons puis congédions :

- Un manuscrit qui aurait été en possession d’un ecclésiastique de Genève, de Joux [3]. Celui-ci prétendait être possesseur, dans les années 1810, de « tous les manuscrits de Martinès » !

- Un exemplaire du comte de Divonne, évoqué dans une correspondance de von Baader [4]. S’il a existé, il aura été détruit avec tous les papiers personnels du comte. Ou se pourrait-il qu’en 1998… nous verrons plus loin !

Plus sérieusement car nécessairement :

- les exemplaires de Grainville, de Champoléon.

- De même qu’advint-il de celui de Willermoz (1730-1824) ? Qu’il ne faut pas confondre avec le manuscrit Letourneur qui on l’a vu, n’a fait son entrée dans la famille du dernier acheteur qu’après une date que l’on peut situer aux alentours de 1930 !

Enfin, là, l’affaire est référencée [5], qu’est-il advenu de l’exemplaire du marquis de Vaucroze, disciple de Dom Pernety, l’illustre inspirateur des Illuminés d’Avignon. Son ami Herbort [6], dans une lettre adressée à Meyer, donne une première précision très importante : « Ce chevalier (sic) de Vaucrose a été l’ami intime de Saint-Martin et il lui succède dans la traduction de J. Böhme en assurant celle du Mysterium magnum ». En 1819, il informe Saltzmann « J’ai fait, depuis quelques années, des connaissances très intéressantes, entre autres avec un comte (sic) français, ancien officier de cavalerie et chevalier de Saint-Louis, un chercheur zélé des hautes vérités, très aimable et très estimable : il m’a procuré le rare manuscrit de Dom Martinez de Pasqually, qu’un de mes amis à copié. Il est curieux et a son importance, mais je ne tiens pas le tout pour exacte vérité » [7]. Ainsi donc Vaucrose possédait une copie du Traité, lequel a été à son tour recopié par un ami d’Herbort.

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 7. Le manuscrit de Saint-Martin, fonds Z

1978 ! Mil-neuf-cent-soixante dix-huit demeurera dans les annales pour tous les martinistes - qu’ils soient de cœur, d’appartenance à un ordre martiniste ou franc-maçon (en particulier du R.E.R, Ordre Cohen ou Coën ), historiens, chercheurs et universitaires - 1978 donc, restera comme l’année d’une découverte inestimable et toujours à explorer (faute d’en connaître tous les éléments recensés), celle du Fonds Z. L’invention de ce « Trésor Martiniste » est due à l’inlassable Robert Amadou, nous allions écrire « comme à l’habitude » ! Mais il faut se contenter des livraisons et confidences de l’inventeur, lui accorder notre confiance : nulle pièce n’est accessible, donc consultable.

Nous ne pouvons donc l’étudier, dans le cadre de cet article. Non point que cela s’alignerait hors sujet, mais simplement parce que nous considérons qu’il ne nous revient pas légitimement de le faire, en outre, nous serions incompétent pour y prétendre. Souhaitons qu’une belle âme termine la tâche, car bien des éléments restent encore à se faire connaître publiquement.

Fixons raisonnablement nos bornes à le décrire.

L’immense vertu qu’il produit et qui le fait surpasser les six versions précédemment présentées, c’est qu’il est de la main même, intégralement, de Louis-Claude de Saint-Martin, devenu au départ de l’abbé Fournié en 1771, l’unique secrétaire de Martinès de Pasqually ! C’est donc, sinon l’original improbable, un document source.

Comment se présente-t-il ?

Il est extrait du premier tome des neuf [8] qui rassemblent la collection des Manuscrits réservés du Philosophe Inconnu soit le Fonds Z.

La partie ainsi sauvegardée du Traité sur la Réintégration des Êtres dans leur première propriété, vertu et puissance spirituelle essence divine est constituée par 116 pages de format 22 par 24 centimètres, réparties sur 5 cahiers, intégralement autographe de Saint-Martin on l’a vu, recto et verso, comprenant à la suite du texte, le « Récit d’une expérience » et une planche hors-texte représentant « la Figure Universelle ». De même, une « Note de lecture » qui l’on s’en doute est postérieure !

Le papier est filigrané, mystérieuse coïncidence (?) « Saint-Martin » !

Saint-Martin y apporta de sa main quelques rectifications et mentions en marge, mais réprouvons sévèrement les ajouts de trois anonymes et sacrilèges corrigeurs !

Observons, pour terminer, que le « Manuscrit de Saint-Martin » se révèle fort cousin germain du « Manuscrit Letourneur » (y compris l’explicit, l’expérience, la figure, mais aussi et surtout la variante du titre, Traité sur la Réintégration etc.). De là à conclure hardiment qu’ils proviennent de la même matrice… De même les S.O. 18 & 19.

Livre

 

Ci-dessus : Fac-similé du manuscrit autographe de Saint-Martin (passez la souris sur l'ouvrage pour voir le texte).