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Notes

  1. « Une œuvre inédite de Martinetz de Pasqualis », op. cit., p. 468.
  2. Ibid.
  3. « Une œuvre inédite de Martinetz de Pasqualis », op. cit., p. 469.
  4. Traité sur la réintégration des êtres dans leur première propriété, vertu et puissance spirituelle divine, première édition authentique d’après le manuscrit de Louis-Claude de Saint-Martin, établie et présentée par Robert Amadou, Le Tremblay, Diffusion Rosicrucienne, « collection martiniste », 1995, p. 221.
  5. Ibid, p. 387 à 390.
  6. La Philosophie mystique en France à la fin du xviiie siècle, Saint-Martin et son maître Martinez Pasqually, Paris, G. Billère, 1866.
  • > Une référence au Traité sur la réintégration en 1851 : < 3 / 3 >

:: Une œuvre inédite de Martinès de Pasqually

Celui qui révèle cette découverte peut s’honorer d’être le premier à parler du contenu du Traité de Martinès de Pasqually, car personne ne l’a précédé dans cette tâche :

« Quoique les auteurs n'aient point donné de détails précis sur les doctrines qu'y enseignait Pasqualis. Ils se sont contentés de dire que le philosophe inconnu (c'est le nom que Saint-Martin se donnait en signant ses ouvrages), a puisé une bonne partie de sa doctrine dans les écrits de son maître. J'aurais voulu juger de la vérité de cette assertion par la comparaison de l'écrit de Martinetz avec celui des ouvrages [de son] disciple [1].»

Et il ajoute un peu plus loin :

« J'ai pu voir qu'il y avait au fond des écrits du disciple et du maître ce même spiritualisme mystique enveloppé d'une terminologie étrange, de formules et de chiffres qui le rendent presque insaisissable à une première lecture, à cette différence près entre les deux auteurs, que Saint-Martin est moins obscur dans les détails, que sa pensée est moins vague que celle de son maitre et son style plus correct, tandis que la pensée de Pasqualis est quelquefois une énigme et que son style décèle fréquemment l'auteur qui est encore peu familiarisé avec la langue qu'il emploie [2]. »

:: Une explication métaphysique de tous les grands faits de la Bible

Avant de donner deux extraits du Traité, l’article du Messager présente la thématique générale de cette œuvre d’une manière assez juste :

« Le Traité sur la réintégration des êtres n'est qu'une explication métaphysique de tous les grands faits de la Bible : la création, la première faute, Caïn, le sacrifice d'Abraham, le déluge, Moïse, etc. Partout l'auteur trouve des révélations, des formules, des types, des symboles, des prophéties. Il croit saisir la loi des êtres dans les grandes scènes bibliques et voit dans l'Ancien Testament une première révélation de la nature de l'homme, de son sort ici-bas et de sa destinée au-delà de cette vie [3]. »

vitrailLe premier extrait qu’il retranscrit comporte dix-neuf lignes. Il s’agit de l’instruction donnée par Noé après le déluge aux habitants de l'arche. Il correspond à la section 138, selon le découpage utilisé par Robert Amadou dans l’édition de référence du Traité [4]. On constate quelques différences de ponctuation et de majuscules, une incorrection (« a délivré » pour «  ont préservé ») et une omission (« Tous les esprits existeront éternellement… » en place de « Tous les esprits, soit majeurs, soit mineurs, existeront éternellement… »). Dans l’ensemble, ce premier texte est assez fidèle à celui du manuscrit autographe de Saint-Martin.

Le second extrait comporte vingt-sept lignes. C’est le discours de Moïse au peuple d’Israël sur le sens de la séparation des douze tribus. L’auteur de la lettre adressée au Messager a choisi ce passage pour donner un exemple de la complexité d’une doctrine qui mêle exégèse biblique et arithmosophie. Cette fois, il n’est guère fidèle au texte original, car il accole grossièrement, et sans en avertir le lecteur, plusieurs extraits des sections 271 à 274 [5] du Traité. Ces textes sont abrégés, découpés, arrangés, voire déformés, pour produire deux longs paragraphes. La première phrase de ce second extrait n’appartient d’ailleurs pas au Traité de Martinès et semble avoir été composée pour introduire l’ensemble.

Le rédacteur de la lettre adressée au Messager est-il l’auteur de ce puzzle, ou bien le texte qu’il a consulté était-il ainsi ? Cela reste difficile à déterminer, mais rappelons que le manuscrit découvert porte une mention précisant qu’il s’agit d’un texte « venant de Mr de St-Martin » ; or, il présente des différences manifestes avec le manuscrit autographe de ce dernier !

L’article du Messager conclut en disant que « si l'on y dépouille » la pensée de Martinès de Pasqually « des formes bizarres dont il l'a revêtue, on y trouve un spiritualisme qui paraît moins étrange, faisant partie d'un ensemble complet de doctrine philosophique que nous laisserons à d'autres le soin de juger, mais qui à nos yeux ne manque ni d'originalité, ni de profondeur ». L’auteur rappelle cependant que Saint-Martin « développa ses idées et compléta son système, au point que nous pouvons dire que sans les écrits de Saint-Martin les doctrines de Pasqualis et jusqu'à son nom seraient aujourd'hui complètement ignorés ».

On peut dire que malgré ses défauts, cette publication inédite restitue le style et le fond du Traité, permettant pour la première fois au grand public de prendre connaissance d’un texte jusqu’alors gardé secret par les disciples de Martinès de Pasqually. Hélas, cette initiative sera sans lendemain, et il faudra attendre 1899 pour lire une version intégrale de ce texte. Entre temps, Adolphe Franck obtiendra de Matter une copie du Traité, dont il publiera vingt-six feuillets en appendice de son livre La Philosophie mystique en France à la fin du XVIIIe siècle [6].

Le manuscrit découvert par le lecteur du Messager était tombé dans l’oubli. Les recherches récentes menées par Xavier Cuvelier-Roy en Belgique laissent peu d'espoir de le retrouver. Ce dernier nous a précisé le 21 janvier 2009 : « L’affaire s’annonce difficile, car toute trace est perdue tant à l’Université de Gand qu’à la maison communale. Deux incendies ont ravagé la bibliothèque et les archives de l’Université, le premier pendant la dernière guerre mondiale, le second en 1995 ! De même pour les archives municipales entre 1944 et 1945. Fin

D. Clairembault, décembre 2008

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Messager des sciences historiques, des arts et de la bibliographie de Belgique Par Société royale des beaux-arts et de littérature (Ghent, Belgium), Société royale d'agriculture et de botanique de Gand

 

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