
Notes
- Edward Waite, The Secret Tradition in Free-Masonry, London, Rebmann Limlited, 1911, p. 177.
- Le Diable au XIXe siècle ou, Les mystères du spiritisme, la franc-maçonnerie luciférienne, Paris, Delhomme et Briguet, s.d. [1893], p. 377.
- Le Monde des religions (hors série n° 10 « 20 clés pour comprendre l'ésotérisme » juin 2009, p. 50.
- Voir Gérard Van Rijnberk, Un thaumathurge au XVIIIe siècle, Martines de Pasqually, sa vie, son oeuvre, son ordre, Lyon, P. Derain-L. Raclet, 1938, p. 8.
Un faux portrait de Martines de Pasqually
Dominique Clairembault
Un
dessin circule, qui se prétend être le portrait
de Martines de Pasqually et est tiré d'un ouvrage d'Arthur Edward Waite
paru en 1911 : The Secret Tradition in Free-Masonry (1). Cet
auteur l'a vraisemblablement repris au fort peu recommandable Léo Taxil,
dont il connaissait l'œuvre.
Le portrait figure en effet dans l'un de ses livres, Le Diable au XIXe siècle (2), avec cette légende : « Martinez de Pasqualis, fondateur du Rite des Illuminés martinistes ». Léo Taxil n'y fait aucune mention de son origine... et pour cause, il s'agit là d'une imposture, car il n'existe aucun portrait du premier maître du Philosophe inconnu.
Léo Taxil, de son véritable nom Gabriel Jogand (1854-1907), était passé maître dans l'art de distiller les fausses informations. Il reste l'un des écrivains antimaçonniques les plus célèbres.
La critique de la franc-maçonnerie fut son fonds de commerce. Il exploita
en effet les milieux antimaçonniques chrétiens pour atteindre à une
renommée à laquelle il n'aurait jamais eu accès par ses
maigres talents d'écrivain. Provocateur et opportuniste, ce franc-maçon
exclu du Grand Orient réussit à utiliser les préjugés
antisémites et antimaçonniques de son époque pour ridiculiser à la
fois la superstition des catholiques et ceux qu'il surnomme les « Frères
Trois-Points ».
On s'étonnera donc que sur quelques sites internet, voire dans une revue comme Le Monde des religions (3) « 20 clés pour comprendre l'ésotérisme » ce portrait soit présenté comme celui de Martinès ! La chose est d'autant plus étonnante que le portrait incriminé a été dénoncé comme étant un faux, il y a plus de quarante ans déjà, par Robert Amadou, dans la revue L'Initiation (n° 4, décembre 1965).
Rappelons qu'il n'existe aucun portrait de Martines, les seuls renseignements que l'on possède sur son apparence physique sont ceux qui figurent sur un certificat de catholicité daté du 29 avril 1772. Sur ce document, que Martines fit enregistrer avant de s'embarquer sur le Duc de Duras, navire avec lequel il quitta la France pour se rendre à Saint-Domingue, on peut lire : « Moyenne taille, cheveux noir, portant perruque ». (4)
Note : ce faux portrait étant souvent copié, nous avons ajouté les mentions : Faux - Fake - Fälschung pour qu'il n'y ait pas de confusion.
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