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Principes du droit naturel

Jean-Jacques Burlamaqui

(1717)


Première partie

Chapitre premier

De la nature de l'homme considéré par rapport au droit :

de l'entendement et de ce qui a rapport à cette faculté

 

§ I

Dessein de cet ouvrage. Ce que c'est que droit naturel .

Nous avons dessein, dans cet ouvrage, de rechercher quelles sont les règles que la seule raison prescrit aux hommes, pour les conduire sûrement au but qu'ils doivent se proposer, et qu'ils se proposent tous en effet, je veux dire, au véritable et solide bonheur ; et c'est le système ou l'assemblage de ces règles, considérées comme autant de lois que Dieu impose aux hommes , que l'on appelle DROIT DE LA NATURE. Cette science renferme les principes les plus importants de la morale, de la jurisprudence et de la politique ; c'est-à-dire tout ce qu'il y a de plus intéressant pour l'homme et pour la société. Rien aussi n'est plus digne de l'application d'un être raisonnable, qui a sérieusement à cœur sa perfection et sa félicité. Une juste connaissance des maximes que l'on doit suivre dans le cours de la vie est le principal objet de la SAGESSE, et la VERTU consiste à les pratiquer constamment, sans que rien puisse nous en détourner.

§ II

Il faut tirer les principes de cette science de la nature et de l'état de l'homme.

L'idée du droit, et plus encore celle du droit naturel, sont manifestement des idées relatives à la nature de l'homme. C'est donc de cette nature même de l'homme, de sa constitution et de son état, qu'il faut déduire les principes de cette science.

Le terme de droit, dans sa première origine, vient du verbe diriger, qui signifie conduire à un certain but par le chemin le plus court. Ainsi le DROIT, dans le sens propre le plus général, et auquel tous les autres doivent se rapporter, est tout ce qui dirige, ou qui est bien dirigé. Cela étant, la première chose qu'il faut examiner, c'est si l'homme est susceptible de direction et de règle par rapport à ses actions. Pour le faire avec succès, il faut reprendre les choses dès leur origine, et remontant à la nature et à la constitution de l'homme, il faut développer quel est le principe de ses actions, et quels sont les états qui lui sont propres ; afin de voir ensuite comment et en quoi il est susceptible de direction dans sa conduite. C'est le seul moyen de connaître ce qui est droit, et ce qui ne l'est pas.

§ III

Définition de l' homme  : quelle est sa nature.

L'homme est un animal doué d'intelligence et de raison : un être composé d'un corps organisé et d'une âme raisonnable.

L'homme, à l'égard du corps, est un animal à peu près semblable aux êtres de la même espèce, ayant les mêmes organes, les mêmes propriétés, les mêmes besoins. C'est un corps vivant, organisé, composé de plusieurs parties ; un corps qui se meut par lui-même, et qui faible dans ses commencements, croît peu à peu par la nourriture, jusqu'à un certain point, où il paraît dans sa fleur et dans sa force, d'où il déchoit insensiblement pour passer à la vieillesse, qui le conduit enfin à la mort. Tel est le cours ordinaire de la vie humaine, à moins qu'elle ne se trouve abrégée par quelque maladie ou par quelque accident.

Mais l'homme, outre la disposition merveilleuse de son corps, a de plus en partage une âme raisonnable, qui le distingue avantageusement des bêtes. C'est par cette noble partie de lui-même que l'homme pense et peut se faire de justes idées des différents objets qui se présentent, les comparer ensemble, tirer des principes connus des vérités inconnues, juger sainement de la convenance des choses entre elles, et des rapports qu'elles ont avec nous, délibérer sur ce qu'il doit faire ou ne pas faire, et se déterminer en conséquence à agir d'une manière ou d'une autre. Notre esprit se rappelle le passé, le joint au présent, et pousse ses vues jusque dans l'avenir. Il est capable de voir les causes, les progrès et les suites des choses, et de découvrir ainsi, comme d'une seule vue, le cours entier de la vie : ce qui le met en état de se pourvoir des choses nécessaires pour en fournir heureusement la carrière. D'ailleurs, en tout cela, il n'est point assujetti à une suite constante d'opérations uniformes et invariables : il peut agir ou ne point agir, suspendre ses actions et ses mouvements, les diriger et les régler comme il le trouve à propos.

§ IV

Différentes actions de l'homme : quelles sont celles qui sont l'objet du droit .

Telle est en général l'idée que l'on doit se faire de la nature de l'homme. Ce qui en résulte, c'est que les actions de l'homme sont de plusieurs sortes. Les unes sont purement spirituelles, comme penser, réfléchir, douter, etc. ; d'autres sont purement corporelles, comme respirer, croître, etc. ; et il y en a que l'on peut appeler mixtes, auxquelles l'esprit et le corps ont part, et qui sont produites par leur concours, en conséquence de l'union que Dieu a établie entre ces deux parties de l'homme, comme parler, marcher, etc.

Toutes les actions qui dépendent de l'âme, ou dans leur origine, ou dans leur direction, s'appellent actions humaines ou volontaires : toutes les autres sont des actions purement physiques. L'âme est donc le principe des actions humaines, et ces actions ne peuvent être l'objet de quelque règle, qu'en tant qu'elles sont produites et dirigées par ces nobles facultés dont le Créateur a enrichi l'homme. C'est pourquoi il est nécessaire d'entrer là-dessus dans quelque détail, et d'examiner plus particulièrement les facultés de l'âme et leurs opérations, afin de connaître comment ces facultés concourent à la production des actions humaines ; ce qui servira en même temps à développer la nature de ces actions, à nous assurer si elles sont effectivement susceptibles de quelque règle, et jusqu'à quel point elles se trouvent soumises à l'empire de l'homme.

§ V

Principales facultés de l'âme.

Pour peu que l'homme réfléchisse sur lui-même, le sentiment et l'expérience lui apprennent que son âme est un agent dont l'activité se développe par une suite continuelle d'opérations différentes ; et comme l'on a désigné ces opérations par des noms qui les distinguent, on les a aussi attribuées à différentes facultés, comme à leurs principes. Les principales de ces facultés sont l'entendement, la volonté et la liberté. L'âme est à la vérité un être simple ; mais rien n'empêche qu'en faisant attention à ses différentes manières d'opérer, on ne la considère comme un sujet en qui résident différents pouvoirs d'agir ou différentes puissances, et que l'on ne donne divers noms à ces puissances. Et pourvu que l'on prenne la chose de cette manière, cette méthode ne peut que donner plus de précision et de netteté à nos idées. Souvenons-nous donc que les FACULTÉS de l'âme ne sont autre chose que les pouvoir d'agir, ou les différentes puissances qui sont en elle, et au moyen desquelles elle fait toutes ses opérations.

§ VI

L'entendement : ce que c'est que vérité.

La principale faculté de l'âme, celle qui constitue le fond de son essence et qui en est comme la lumière, c'est l'ENTENDEMENT. On peut le définir : cette faculté ou cette puissance de l'âme, par laquelle elle aperçoit les choses et s'en forme des idées, pour parvenir à la connaissance de la vérité. LA VÉRITÉ se prend ici en deux sens ; ou pour la nature des choses, leur état et les rapports qu'elles ont entre elles ; ou pour des idées conformes à cette nature, à cet état et à ces rapports. Connaître la vérité, c'est donc apercevoir les choses telles qu'elles sont en elles-mêmes, et s'en faire des idées conformes à leur nature.

§ VII

PRINCIPE. L'entendement est naturellement droit.

Sur quoi il faut d'abord poser et reconnaître comme un principe incontestable : que l'entendement humain est naturellement droit, et qu'il a en lui-même la force nécessaire pour parvenir à la connaissance de la vérité, et pour la discerner de l'erreur ; principalement dans les choses qui intéressent nos devoirs, et qui doivent former les hommes à une vie vertueuse, honnête et tranquille ; pourvu que d'ailleurs l'homme y apporte les soins et l'attention qui dépendent de lui.

Le sentiment intérieur et l'expérience concourent à nous convaincre de la vérité de ce principe, qui est comme le pivot sur lequel roule tout le système de l'humanité. On ne saurait le révoquer en doute sans saper par le fondement, et sans renverser de fond en comble tout l'édifice de la société ; puisque ce serait anéantir toute distinction entre la vérité et l'erreur, entre le bien et le mal ; et par une suite naturelle de ce renversement des choses, l'on se trouverait enfin réduit à la nécessité de douter de tout, ce qui est le comble de l'extravagance.

Ceux donc qui ont prétendu que la raison et les facultés étaient tellement dépravées, qu'elles ne pouvaient plus servir à l'homme de guide sûr et fidèle, soit en matière de devoirs, soit en particulier dans la religion, n'ont pas fait attention qu'elles prenaient pour base de leur système un principe destructif de toute vérité, et de la religion par conséquent. Aussi voyons-nous que, bien loin que l'Écriture sainte établisse rien de semblable, saint Paul assure « que lorsque les peuples qui n'ont point eu de loi révélée, font naturellement les choses que la Loi ordonne, ils font leur propre loi à eux-mêmes, et que par là ils font voir que les commandements de la Loi sont écrits dans leurs cœurs, par le témoignage de leur propre conscience » (Rom. 2, 14-15). Il est vrai qu'une mauvaise éducation, des habitudes vicieuses, des passions déréglées, peuvent obscurcir les lumières de l'esprit ; et que l'inattention, la légèreté et les préjugés jettent souvent les hommes dans les erreurs les plus grossières, en matière de religion et de morale. Mais cela prouve seulement que les hommes peuvent abuser de leur raison, et non que cette rectitude naturelle des facultés de l'âme soit détruite. Ce qui nous reste à dire mettra la chose dans un plus grand jour.

§ VIII

Comment se forme la perception. Attention : examen.

Suivons de plus près les opérations de l'entendement. La perception, ou la vue et la connaissance des choses, se forme, pour l'ordinaire, du concours de deux actions ; l'une de la part de l'objet, et qui n'est autre que l' impression que cet objet fait sur nous ; l'autre de la part de l'esprit, et qui est proprement un regard de l'âme sur l'objet qu'elle veut connaître. Mais comme un premier regard ne suffit pas toujours, il est nécessaire, pour acquérir une connaissance exacte des choses et pour s'en faire de justes idées, que l'esprit s'applique quelque temps à bien considérer son objet. Cette application avec laquelle l'âme continue à regarder un objet pour le bien connaître s'appelle ATTENTION ; et si elle se tourne de divers côtés, pour envisager l'objet par toutes ses faces : cela s'appelle EXAMEN. On peut donc dire que la perception ou la connaissance des choses dépend tout entière, par rapport à l'esprit, de sa force naturelle et de son attention.

§ IX

Évidence. Probabilité.

C'est avec ces secours, tirés de son propre fonds, que l'homme parvient enfin à une connaissance claire et distincte des choses et de leurs rapports, des idées et de la conformité de ces idées avec leurs originaux ; en un mot, qu'il acquiert la connaissance de la vérité. L'on appelle ÉVIDENCE cette vue claire et distincte des choses et des rapports qui sont entre elles, et c'est à quoi il faut faire une grande attention. Car cette évidence étant le caractère essentiel de la vérité, ou la marque sûre à laquelle on ne peut s'empêcher de la reconnaître, elle produit nécessairement une conviction intérieure, qui fait le plus haut degré de la certitude. Il est vrai que tous les objets ne s'offrent pas à nous avec une lumière aussi vive, et que, malgré tous les soins et toute l'application que l'on peut y apporter, l'on ne peut très souvent se procurer que des lueurs , qui, selon qu'elles sont plus ou moins fortes, produisent différents degrés de probabilité et de vraisemblance. Mais les choses ne sauraient aller autrement à l'égard de tout être dont les facultés sont bornées. Il suffit que l'homme puisse, relativement à sa destination et à son état, connaître avec certitude les choses qui intéressent sa perfection et sa félicité, et que d'ailleurs il puisse distinguer la probabilité de l'évidence, et les différents degrés de probabilité les uns des autres, afin de proportionner sur ces différences l'assentiment qu'il doit leur donner. Or, pour peu que l'on rentre en soi-même et que l'on réfléchisse sur les opérations de son esprit, on ne saurait douter que l'homme n'ait en effet ce discernement.

§ X

Ce que c'est que les sens, l'imagination, la mémoire.

Il faut encore rapporter à l'entendement les sens, pris pour la faculté de sentir, l'imagination et la mémoire. En effet, les SENS considérés de cette manière, ne sont autre chose que l'entendement lui-même, en tant qu'il se sert des sens et des organes du corps pour apercevoir les objets corporels. L'IMAGINATION n'est de même que l'entendement, en tant qu'il aperçoit les objets absents, non par eux-mêmes, mais par les images qu'il s'en forme dans le cerveau. La MÉMOIRE enfin n'est encore que l'entendement, considéré comme ayant la faculté de retenir les idées qu'il se forme des choses, et comme pouvant se les représenter au besoin : avantages qui dépendent principalement du soin que l'on prend de répéter souvent ces idées.

§ XI

La perfection de l'entendement consiste dans la connaissance de la vérité.
Deux obstacles à cette perfection, l'
ignorance et l' erreur .

Il résulte de tout ce qui a été dit jusqu'ici sur l'entendement, que l'objet de cette faculté de notre âme est la VÉRITÉ, avec tous les actes et les moyens qui nous y conduisent. Cela supposé, la perfection de l'entendement consiste dans la connaissance de la vérité, puisque c'est la fin à laquelle il est destiné.

Deux choses, entre autres, sont opposées à cette perfection, l'ignorance et l'erreur, qui sont comme deux maladies de l'âme. L'IGNORANCE n'est qu'une privation d'idées ou de connaissances ; mais l'ERREUR est la non-conformité, ou l'opposition de nos idées avec la nature et l'état des choses. Ainsi l'erreur étant le renversement de la vérité, elle lui est beaucoup plus contraire que l'ignorance, qui est comme un milieu entre la vérité et l'erreur.

Il faut se souvenir que nous ne parlons pas ici de l'entendement, de la vérité, de l'ignorance et de l'erreur, simplement pour connaître ce que ces choses sont en elles-mêmes : notre principal but est de les envisager comme principes de nos actions. Sur ce pied-là, l'ignorance et l'erreur, quoique naturellement distinctes l'une de l'autre, se trouvent pour l'ordinaire mêlées ensemble et comme confondues ; en sorte que ce que l'on dit de l'une doit également s'appliquer à l'autre. L'ignorance est souvent la cause de l'erreur ; mais jointes ou non, elles suivent les mêmes règles, et produisent le même effet par l'influence qu'elles ont sur nos actions ou nos omissions. Peut-être même que, dans l'exacte précision, il n'y a proprement que l'erreur qui puisse être le principe de quelque action, et non la simple ignorance, qui n'étant en elle-même qu'une privation d'idées, ne saurait rien produire.

§ XII

Différentes sortes d'erreurs. . Erreur de droit et de fait  : 2°. Volontaire et involontaire : 3°. Essentielle et accidentelle.

L'IGNORANCE et l'ERREUR sont de plusieurs sortes, et il est nécessaire d'en marquer ici les différences. 1°. L'erreur, considérée par rapport à son objet, est ou de droit, ou de fait. 2°. Par rapport à son origine, l'ignorance est volontaire ou involontaire ; l'erreur est vincible ou invincible . 3°. Enfin, eu égard à l'influence de l'erreur sur l'action ou sur l'affaire dont il s'agit, elle est essentielle ou accidentelle.

L'ERREUR est DE DROIT ou DE FAIT, suivant que l'on se trompe, ou sur la disposition d'une loi, ou sur un fait qui n'est pas bien connu. Ce serait, par exemple, une erreur en droit, si un prince jugeait que de cela seul qu'un État voisin augmente insensiblement en force et en puissance, il peut légitimement lui déclarer la guerre. Telle était encore l'erreur autrefois si commune chez les Grecs et chez les Romains, qu'il était permis à un père d'exposer ses enfants. Au contraire, l'idée qu'avait Abimélech de Sara, femme d' Abraham, en la prenant pour une personne libre, était une erreur de fait.

L'ignorance dans laquelle on se trouve par sa faute, ou l'erreur contractée par négligence, et dont on se serait garanti si l'on eut pris tous les soins et apporté toute l'attention dont on était capable, est une IGNORANCE VOLONTAIRE ; ou bien, c'est une ERREUR VINCIBLE et SURMONTABLE. Ainsi, le polythéisme des païens était une erreur vincible ; car il ne tenait qu'à eux de faire usage de leur raison pour comprendre qu'il n'y avait nulle nécessité de supposer plusieurs dieux. J'en dis autant de l'opinion établie chez la plupart des anciens peuples, que l'on pouvait honnêtement exercer la piraterie contre tous ceux avec qui l'on n'avait aucun traité, et en user avec eux comme avec des ennemis. Mais l'IGNORANCE est INVOLONTAIRE, et l'ERREUR est INVINCIBLE, si elles sont telles que l'on n'ait pu, ni s'en garantir, ni s'en relever, même avec tous les soins moralement possibles ; c'est-à-dire, à en juger selon la constitution des choses humaines et de la vie commune. C'est ainsi que l'ignorance de la religion chrétienne où étaient les Américains avant qu'ils eussent aucun commerce avec les Européens, était une ignorance involontaire et invincible.

Enfin, l'on entend par une ERREUR ESSENTIELLE, celle qui a pour objet quelque circonstance nécessaire dans l'affaire dont il s'agit, et qui par cela même a une influence directe sur l'action faite en conséquence ; en sorte que, sans cette erreur, l'action n'aurait point été faite. De là vient qu'on appelle aussi cette erreur efficace. Entendez par circonstances nécessaires celles que demande nécessairement et par elle-même la nature de la chose, ou bien l'intention de l'agent, formée dans le temps qu'il fallait, et notifiée par des indices convenables. C'était, par exemple, une erreur essentielle que celle de ces Troyens qui, à la prise de leur ville, lançaient des traits sur leurs propres gens, les prenant pour des ennemis, parce qu'ils étaient armés à la grecque. Autre exemple : un homme épouse la femme d'autrui, la croyant fille, ou ne sachant pas que son mari est encore en vie. C'est là une erreur qui regarde la nature même de la chose, et qui est par conséquent essentielle.

Au contraire, l'ERREUR ACCIDENTELLE est celle qui n'a par elle-même aucune liaison nécessaire avec l'affaire dont il s'agit, et qui par conséquent ne saurait être considérée comme la vraie cause de l'action. Un homme outrage ou maltraite quelqu'un, le prenant pour un autre, ou parce qu'il croit que le prince est mort, comme le bruit s'en était répandu sans fondement, etc. Ce sont là des erreurs purement accidentelles, qui se trouvant actuellement dans l'esprit de l'agent, ont bien accompagné son action, mais qui ne sauraient être considérées comme en étant la véritable cause.

Au reste, il faut encore observer que ces différentes qualifications de l'ignorance ou de l'erreur peuvent concourir ensemble et se trouver réunies dans le même cas. C'est ainsi qu'une erreur de fait peut être ou essentielle ou accidentelle ; et l'une et l'autre peuvent encore être volontaires ou involontaires, vincibles ou invincibles.

Mais voilà qui peut suffire sur l'entendement. Passons à l'examen des autres facultés de notre âme, qui concourent aussi à la production des actions humaines.

Voyez-en un autre exemple dans Matthieu 15, 4-5.

 


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