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C'est en 1612 qu'il confia à un gentilhomme, qui l'en avait supplié, le manuscrit de sa première œuvre, L'Aurore naissante ; ce gentilhomme en fit prendre copie fort diligemment, de sorte que plusieurs personnes en eurent connaissance, notamment le curé de Görlitz, Gregorius Richter ; lequel fulmina du haut de sa chaire contre l'innocent auteur, si violemment et si souvent que l'échevin finit par citer Boehme devant son tribunal (le vendredi 26 juillet 1613).

Le célèbre médecin et chimiste Cornélius Weissner, de Breslau, a raconté toutes ces procédures qui dupèrent vingt-sept ans. Ce docteur avait fait la connaissance de Boehme en 1618 par le frère de sa femme, tailleur de son état, et par un jeune prédicateur, Salomon Schröter ; Weissner était à ce moment précepteur des enfants de Balthazar Tilcken ; il remplit plusieurs pages in-quarto du récit des imprécations bibliques dont le curé de Görlitz voulut foudroyer Jacob Boehme, et de la douceur angélique que celui-ci lui opposa, lui demandant de faire pénitence s'il l'avait offensé ; les échevins, fort émus de tous ces anathèmes, finirent par intimer au pauvre cordonnier l'ordre de sortir sur l'heure de la ville, sans lui laisser seulement le temps d'aller embrasser sa famille. Boehme se soumit avec sérénité à cet arrêt inique ; mais le lendemain matin, on vint le rechercher dans la campagne, et on le ramena en grande pompe dans sa maison.

  Extrait Des Trois principes de l'essence divine

Le manuscrit de L'Aurore naissante resta dans les cartons du Conseil jusqu'au 26 novembre 1641, jour où le bourgmestre de Görlitz, Dr Paul Scipio, d'après l'avis du chambellan Georg von Pflüger, l'envoya à Amsterdam, à Abraham Villems von Beyerland. Après avoir écrit cette première œuvre, le saint et patient serviteur de Dieu eut à subir une épreuve de sept années, pendant lesquelles la lumière se retira de lui ; on peut voir ses plaintes dans les Trois Principes (1) et dans ses Lettres (2). Mais, lorsque ses prières et ses pénitences eurent fait descendre à nouveau la grâce en lui, il reprit la plume pour ne plus la quitter. On verra plus loin quelques renseignements sur ses œuvres.

A. von Frankenberg

  N'oublions pas une circonstance qui peut jeter un nouveau jour sur les théories de notre Boehme. Dans l'année 1620, il fit la connaissance d'un certain Dr Balthazar Walter, de Gros-Glokau (Silésie), qui demeura plus de trois mois avec lui, avec lequel il eut de longs et fort secrets entretiens. Ce docteur, qui mourut plus tard à Paris, avait voyagé pendant six ans en Arabie, en Syrie et en Égypte, où il s'était instruit de la sagesse cachée. II fit connaître à Boehme les œuvres de Reuchlin, de Riccius, de Pic de la Mirandole, d'Angelus de Burgo-Nuovo ; ils discutèrent ensemble la philosophie du Zohar et se quittèrent plein d'estime mutuelle.

Abraham von Frankenberg, ami et biographe de J. Boehme

N'oublions pas une circonstance qui peut jeter un nouveau jour sur les théories de notre Boehme. Dans l'année 1620, il fit la connaissance d'un certain Dr Balthazar Walter, de Gros-Glokau (Silésie), qui demeura plus de trois mois avec lui, avec lequel il eut de longs et fort secrets entretiens. Ce docteur, qui mourut plus tard à Paris, avait voyagé pendant six ans en Arabie, en Syrie et en Égypte, où il s'était instruit de la sagesse cachée. II fit connaître à Boehme les œuvres de Reuchlin, de Riccius, de Pic de la Mirandole, d'Angelus de Burgo-Nuovo ; ils discutèrent ensemble la philosophie du Zohar et se quittèrent plein d'estime mutuelle.

Tous les contemporains du « théodidacte » ne tarissent pas en éloges sur son admirable douceur et sa longanimité. C'est ainsi qu'un jour il vit arriver un inconnu qui voulut conjurer son esprit familier par les incantations d'une fausse magie ; Boehme se borna à lui faire des remontrances sérieuses et le renvoya.

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