Traduit intégralement pour la première
fois par S. Jankelevitch, ce livre connut sa première édition
française en 1945 (Aubier, 2 vol). Puis il fallut attendre
plus de trente ans pour le trouver à nouveau en librairie, avec la publication
des Éditions d’aujourd’hui (1978, 4 vol.). Tiré en
petite quantité, l’ouvrage fut rapidement épuisé et
resta longtemps introuvable. Il est enfin disponible grâce
aux efforts des éditions Arma Artis.
Avec le Mysterium magnum, Jacob Boehme
veut donner un « commentaire explicatif du premier livre de la Genèse de Moïse ». Son but est de nous instruire sur le
sens caché de ce texte et nous conduire à comprendre « ce
que sont Adam et Christ, et comment l'homme doit se connaître
lui-même et considérer ce qu'il est, ainsi que ce dans
quoi résident sa vie temporelle et éternelle, sa béatitude
et sa domination ».
Ce livre embrasse un vaste projet. Son auteur
y reprend tous les thèmes liés à sa vision si
particulière du monde, évoquant la naissance de Dieu,
la création des anges, la chute de Lucifer, l'histoire de l'homme
androgyne, de sa chute dans le monde terrestre et l'importance de la
venue du nouvel Adam, le Christ. Pour Jacob Boehme, c'est à partir
de l'Ungrund, c'est-à-dire l'infini sans fond, que
naît le monde. Comme le souligne Berdiaeff, « dans
les ténèbres s'embrase le feu et scintille la lumière,
le Néant devient le Quelque Chose, la liberté, insondable,
produit la Nature ». Car pour Boehme, « pris
hors de la nature, Dieu est un grand mystère, entendez par là dans
le Néant ; car hors de la nature, il y a un néant, c'est-à-dire
un œil de l'éternité, œil insondable qui ne réside
et ne regarde en rien, car il est l'Indéterminé ; et
cet œil est une volonté, entendez un désir de manifestation
de trouver le Néant ».
On trouve dans cet ouvrage très dense,
comportant près de mille pages, des thèmes qui, à partir
de Boehme, vont féconder une grande partie de l'imaginaire de
l'ésotérisme occidental, en particulier celui de l'androgynat
d'Adam, sur lequel il s'attarde longuement. Soulignons encore que le Mysterium
magnum est une œuvre de maturité, car Boehme l'a composée en
1623, soit l'année précédant sa mort.
Outre
ce texte, ce livre propose deux études
importantes de N. Berdiaeff sur les thèmes fondamentaux de la
théosophie de Boehme : l'Ungrund, la Sophia et l'androgynat.
Nicolas Berdiaeff (1874-1948), philosophe russe
d'expression française, était professeur à l'université de
Moscou avant d'être expulsé de Russie en 1922. Exilé à Berlin
de 1922 à 1924, il s'installe finalement en France, où rédige les deux études figurant
en introduction de l'édition du Mysterium magnum publiée
en 1945. Il meurt le 24 mars 1948 à Clamart.
Note : Sur Berdiaeff, voir le texte de Jean Moncelon, « Marie-Madeleine
Davy ou le désert intérieur », Les
Cahiers d'Orient et d'Occident (2006), publié sur le
site D'Orient et d'Occident*, qui propose une courte biographie de
ce personnage.
* Site D'Orient
et d'Occident :
la communauté virtuelle
des pèlerins d'Orient, des admirateurs de Novalis et de tous
les amateurs de rêves, de poésie, d'aventures intérieures,
de peuples oubliés et d'écrivains nomades.
Arma
Artis.
ISBN : 978-2-87913-113-9
2 vol., 1 092 p.
B. – La doctrine de la Sophia et
de l’Androgyne. Jacob Böhme et les courants sophiologiques
russes ; p. 29-45
Mysterium Magnum
Préface de l'auteur.
p. 47
– Ce qu'est le Dieu révélé. De la Trinité.
p. 53.
– Du Verbe ou cœur de Dieu. p. 55.
– Comment un mal est sorti du bien éternel, mal qui
n'a dans le bien aucune incitation à devenir du mal
; origine du monde ténébreux ou enfer où habitent
les démons. p. 60.
– Des deux principes, amour et colère, de Dieu, ténèbres
et amour, qu'il convient que le lecteur examine attentivement.
p. 68.
– Des cinq "sensus" ou sens. p. 75.
– L'être de la corporalité,
septième forme de la nature. Le septième être,
la Lune et Saturne, commencement et fin. p. 83.
– De la sainte Trinité et de l'essence divine. p.
89.
– De la création des anges et de leur mode d'existence.
p. 93.
– De la chute de Lucifer avec ses légions. p. 102.
– Création du ciel et du monde extérieur.
p. 111.
– Caractère secret de l'acte créateur. p.
126.
(Genèse I, 1-13). De l'œuvre des six jours de la
création. p. 134.
(Genèse I, 14-19). – De la création du quatrième
jour. p. 145.
(Genèse I, 20-23). – Création de la cinquième
journée. p. 151.
(Genèse I, 24-31 ; II, 7). – Le sixième jour
de la création. p. 155.
(Genèse I, 26-27 ; II, 1-7). – Différence
entre l'homme terrestre et l'homme céleste. p. 164.
(Genèse II, 8-17). – Le Paradis. p. 171.
(Genèse II, 15-17). – L'existence au Paradis telle
qu'elle aurait pu être si Adam n'avait pas succombé.
p. 187.
(Genèse II, 18-25). – Fabrication de la femme ; comment
l'homme fut réglé
pour la vie extérieure selon la nature. p. 196.
(Genèse III, 1-7). – De la chute et de la perte misérables
et lamentables de l'homme. p. 201.
(Genèse III, 7). Empreinte et origine de l'homme
bestial, commencement et raison de sa maladie et de sa soumission
au trépas. p. 212.
(Genèse III, 6). – Origine du péché véritable
et éveil de la colère divine dans la propriété humaine.
p. 217.
(Genèse III, 7-15). – Comment Dieu a rappelé Adam
et son Ève après qu'ils se furent engagés dans
le péché et éveillés dans l'être
du serpent et comment il leur a imposé l'ordre de ce
monde de misères et comment il a institué pour
leur porter secours l'écraseur du serpent. p. 240
(Genèse III, 7-21). – Malédiction de la terre
et corps soumis aux maladies ; comment cela se produisit. p. 254.
(Genèse III, 22-24). – Comment Dieu chassa Adam et
Ève du Paradis et plaça le chérubin devant la
porte du jardin. p. 264.
(Genèse IV, 1-2). – Reproduction de l'homme en ce
monde ; Caïn premier-né
et fratricide. p. 275.
(Genèse IV, 3-7). – Sacrifice de Caïn puis sacrifice
d'Abel ; l'Église fausse et antichrétienne ;
item, la véritable et sainte Eglise. p. 294.
(Genèse IV, 8-16). – Fratricide de Caïn, symbole
de la fausse Église antichrétienne et orgueilleuse qui
est sur terre et ensuite Chrétienté véritable
cachée sous cette Église antichrétienne. p. 311.
(Genèse IV, 17-26). – L'arbre adamique et humain
s'introduit et apparaît
à partir de son tronc en branches, rameaux et fruits
et de cette apparition sont nés l'invention et le gouvernement
de tous les arts. La porte profonde qui mène hors du
principe central de la nature éternelle aussi bien que
temporelle et comment l'éternelle sagesse s'est introduite
dans la contemplation des formes. p. 331.
(Genèse V, 1-20). – La lignée de l'Alliance.
p. 350.
(Genèse V, 21 à 32 et VI, 1 à 7). –
Lignées des merveilles issues d'Hénoch. p. 366.
(Genèse VI, 8 à 22 ; VII, item VIII, 1 à 14).
– Alliance entre Dieu et Noé. p. 380.
(Genèse VIII, 15 ; IX, 19). – Début de la
deuxième monarchie et alliance de Dieu avec Noé et
toutes les créatures. p. 395.
(Genèse IX, 20 à 29). – Comment Noé maudit
son fils Cham et prophétie de Noé au sujet de
ses trois fils et de leurs descendants. p. 405.
(Genèse X). – Comment l'arbre humain s'est développé en
ses propriétés grâce aux enfants de Noé et
comment autour de la tour de Babel ils ont été
disséminés dans les propriétés
et au moyen de la confusion des langues en différents
peuples. p. 415.
(Genèse XI, 1 à 9). – La prostituée
babylonienne et antichrétienne de toutes les langues,
peuples et langages ; ce qui est caché sous les langages
et la tour de Babel. Une porte ouverte du secret de la grande
Babylone. p. 437.
(Genèse XI, 10 à 32 ; XIII, 14 à 18).
– Abraham et sa semence, reproduction de la lignée d'Alliance
et dieux païens. p. 461.
(Genèse XIV). – Explication du début de la
guerre païenne et comment Abraham sauva Loth, le fils
de son frère ; le prêtre royal Melchisédech
de Salem auquel Abraham paya la dîme. p. 478.
(Genèse XV). – Apparition dans une vision de Dieu à Abraham
et confirmation de l'Alliance avec lui dans sa postérité ;
et comment la foi d'Abraham s'est saisie de l'Alliance, ce
qui lui a été compté comme acte de justice
; et comment Dieu lui ordonna de sacrifier ; ce qu'il convient
d'entendre par là. p. 485.
(Genèse XVI). – Histoire et préfiguration
merveilleuse de l'Esprit de Dieu avec Agar, servante de Sarah,
et son fils Ismaël qui fut exclu du droit de l'héritage
et de l'héritage d'Isaac. p. 496.
– Sceau de l'Alliance, circoncision du prépuce et
baptême. p. 521 .
(Genèse XVIII, 1 à 19). – Trois hommes apparaissent à Abraham
dans le bosquet de Namre. Ce que signifie cette allégorie.
Ces trois hommes se dirigent vers Sodome et incendient le lieu
des enfants de Cham avec le feu du Seigneur. p. 545.
(Genèse XVIII, 20 à 33 et XIX, 1 à 14).
– Fin de Sodome et de Gomorre et comment Dieu l'indiqua au
préalable à Abraham. p. 557.
(Genèse XIX, 15 à 38). – Loth sort de Sodome.
Fin effrayante de toute la contrée soumise à la
race de Cham. Ce qui advint et comme cela s'y passa. p. 576.
Tome II
(Genèse XX). – Dieu conduit Abraham d'une manière
merveilleuse et l'induit perpétuellement en tentation
et le Seigneur le protège ; ce qu'il convient d'entendre
par là. p. 5.
– Naissance d'Isaac et bannissement d'Ismaël et de sa
mère Agar et ce qu'indiquent ces événements.
p. 10.
– Pacte d'Abimélech et d'Abraham. Ce que cela signifie
spirituellement et ce que l'Esprit de Moïse indique par
là sous son voile. Une très noble et très
belle porte pour les enfants de Dieu à Besaba. p. 25.
(Genèse XXII). – Comment Dieu tenta Abraham et représenta
la figure du sacrifice du Christ dans sa passion et son trépas.
p. 36.
– Mort de Sarah et sépulture héréditaire
d'Abraham ; ce qui est indiqué et ce qu'il faut entendre
par là. p. 55.
(Genèse XXIV). – Abraham envoie son serviteur chercher
une épouse pour son fils Isaac ; ce qu'il faut entendre
par cette figure. p. 62.
(Genèse XXV, 1 à 10). – Abraham prend une deuxième épouse
avec laquelle il engendre encore six fils auxquels il fait
des cadeaux et il donne tous ses biens à son fils Isaac,
laissant les autres le quitter de son vivant ; sa mort et ce
qu'il convient d'entendre par là. p. 80.
(Genèse XXV, 11 à 28). – Histoire d'Isaac,
naissance d'Esaü et de Jacob et événements
qui leur arrivèront. Ce qu'il convient d'entendre par
là. p. 96.
(Genèse XXV, 29 à 34). – Esaü dédaigne
son droit d'aînesse et le vend pour un plat de lentilles
; ce qu'il convient d'entendre par là. p. 116.
(Genèse XXVI). – Pendant une disette, Isaac se rend
auprès d'Abimélech, roi des Philistins, mais
le Seigneur lui apparaît et lui ordonne de rester là et
renouvelle l'Alliance conclue avec son père ; ce qu'il
convient d'entendre par là. p. 124.
(Genèse XXVII). – Devenu vieux et sur le point de
mourir, Isaac bénit à son insu Jacob au lieu
d'Esaü. Ce qu'il convient d'entendre par là. Les
portes du grand Mystère de toute la Bible. p. 133.
(Genèse XXVIII). – Isaac et Rébecca, pour séparer
Jacob d'Esaü, doivent envoyer le premier à l'étranger
et le Seigneur apparaît à Jacob dans une vision
sur l'échelle qui atteint le ciel ; conduite d'Esaü envers
ses parents ; ce qu'il convient d'entendre par là. p.
146.
(Genèse XXIX). – Jacob arrive chez Laban et garde
ses moutons pendant quatorze ans pour avoir ses filles ; allusion
que fait l'Esprit par cette figure spirituelle à la
fiancée Christ ; comment Dieu place Jacob dans la figure
de Christ jouant ainsi avec l'image de Christ. p. 157.
(Genèse XXX). – Jacob reste vingt ans au service de
Laban son beau-père et engendre douze fils et une fille
et Dieu le bénit de sorte qu'il ait une grande richesse
; et Laban lui change fréquemment son salaire sans cependant
pouvoir lui causer de dommage ; ce qu'il convient d'entendre
par là. p. 166.
(Genèse XXXI). – Jacob quitte Laban et ce que signifie
cette figure ; ce qu'il convient d'entendre par là.
p. 182.
(Genèse XXXII). – Esaü part à la rencontre
de Jacob avec une armée de quatre cents hommes et ce
que cela signifie ; et comment Jacob envoya des présents à son
frère Esaü ; et comment un homme lutta toute une
nuit avec Jacob ; ce qu'indique tout cela. Recommandé à la
considération toute spéciale du lecteur. p. 189.
(Genèse XXXIII). – Merveilleuse figure où Jacob
et Esaü se rencontrent et où toute souffrance et
mauvaise volonté se trouvent transformées en
joie et en miséricorde ; ce qu'il convient d'entendre
par là. p. 206.
(Genèse XXXIV). – Dinah, fille de Jacob qu'engendra
Léa, est violée par les fils d'Hémor et pour
la venger, les fils de Jacob égorgent Sichem et tout
ce qu'il y avait d'hommes dans cette cité et reprennent
Dinah ; ce qu'il faut entendre par cette figure. La porte des
guerres chrétiennes pour la prostitution babylonienne.
À considérer très attentivement. p. 225.
(Genèse XXXV). – Dieu ordonne à Jacob de quitter
le pays ; ce qu'il advint alors et comment Rachel engendra
ensuite Benjamin et mourut en couches. Mort d'Isaac. Ce qu'il
convient d'entendre par là. p. 240.
(Genèse XXXVI et XXXVII). – Commencement de la bien
jolie figure de Joseph, fils de Jacob ; ce qu'il convient d'entendre
par là. p. 258.
(Genèse XXXVIII). – Juda et Thamar : une allégorie
secrète d'Adam et de Christ où se trouve excellemment
préfigurée la renaissance. p. 277.
(Genèse XXXIX). – La très belle figure de Joseph :
il est vendu à Putiphar ; ce qui se passa ensuite avec
Joseph ; sa chasteté et sa crainte de Dieu. p. 299.
(Genèse XL). – Dans sa prison, Joseph explique les
rêves du Grand-Échanson et du Panetier du roi ; ce qu'il
convient d'entendre par là. p. 325.
(Genèse XLI). – Rêves du roi Pharaon ; Joseph
est tiré de sa prison et présenté au roi
et parvient à de grands honneurs. p. 332.
(Genèse XLII). - Une disette s'abat sur tous pays
et Jacob envoie ses fils en Égypte chercher du grain
; ils se présentent à Joseph. Sa conduite à leur égard.
Ce qu'il convient d'entendre par là. p. 347.
(Genèse XLIII). – Les fils de Jacob repartent en Égypte
auprès de Joseph pour chercher du grain en raison de
la disette et emmènent Benjamin ; Joseph les fait conduire
dans sa maison et leur présente des mets de sa table.
Ce qu'il convient d'entendre par là. p. 362.
(Genèse XLIV). – Joseph fait remplir les sacs de ses
frères et y placer l'argent en haut ; il fait mettre
sa coupe dans le sac de Benjamin puis les fait poursuivre et
accuser de vol. Ce qu'il convient d'entendre par là.
p. 388.
(Genèse XLV). – Joseph se fait reconnaître par
ses frères ; ce qu'il convient d'entendre par là.
p. 406.
(Genèse XLVI). – Jacob part pour l'Égypte avec
tous ses enfants et tous ceux qui demeuraient avec lui et tous
ses troupeaux. p. 418.
(Genèse XLVII). – Jacob se présente à Pharaon
avec ses cinq plus jeunes frères ; Jacob bénit
Pharaon ; Joseph achète pour Pharaon toute l'Égypte
en propriété ; ce qu'il convient d'entendre par
là. p. 430.
(Genèse XLVIII). – Avant de mourir Jacob bénit
les deux fils de Joseph et subordonna l'aîné au
cadet ; ce qu'il convient d'entendre par là. p.
448.
(Genèse XLIX, 1 à 12). – Jacob appelle tous
ses fils avant de mourir et leur indique et leur prédit
le développement de leur postérité et
ce que deviendrait chacune d'elles. Il désigne par là la
souche de l'arbre d'Abraham avec ses branches et ses fruits
et ce que serait la position et la fonction de chacune de ces
postérités et comment elles se comporteraient
; et comment Christ naîtrait de la tribu de Juda ; et
combien de temps durerait leur royaume sous le gouvernement
de la loi. p. 461.
(Genèse XLIX, 19 à 33). – Suite de l'explication
du Testament de Jacob concernant les huit autres fils. Et comment
s'y trouvent figurés à la fois le gouvernement
ou royaume des Juifs sur la terre et la chrétienté ;
ce qui devait leur arriver dans l'avenir. p. 480.
(Genèse L). – Sépulture du saint Patriarche
Jacob dans le pays de Canaan ; ce qu'il convient d'entendre
par là. p. 503.
Bref résumé quintessencié de
la très profonde contemplation du Mysterium magnum
Comment le monde visible découle et reflète
la science et la volonté divines ; origine de la vie
de toute créature et comment Dieu entre et sort. p.
507.