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Saint-Martin en libraire
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Sommaire > Livres > Lectures illuminisme Les Enseignements secrets de Martinès de Pasqually précédé d'une Notice sur le martinézisme et le martinisme Franz von Baader Au moment même où Papus, fondateur de l'Ordre martiniste, publiait ses ouvrages sur Martinès de Pasqually, sa vie – ses pratiques magiques – son œuvre – ses disciples (Paris, Chamuel, 1895) et sur Louis-Claude de Saint-Martin... (1902), un mystérieux « Chevalier de la Rose Croissante » publiait deux textes fondamentaux pour l'étude et la compréhension du martinisme : Le Traité de la réintégration des êtres... (1899) et Les Enseignements secrets de Martinès de Pasqually précédé d'une Notice sur le martinézisme et le martinisme (1900). C'est ce dernier livre, édité pour la première fois en 1900 et qui n'avait été republié qu'une seule fois chez Robert Dumas en 1976, qui fait l'objet de la présente parution. L'ouvrage comporte deux parties. La première (selon l'édition originale) est la notice sur le martinézisme et le martinisme ; son auteur, qui signe « Un Chevalier de la Rose Croissante », n'est autre que René Philipon. La seconde est la traduction d'un texte de Franz von Baader, Les Enseignements secrets de Martinès de Pasqually. Rappelons que Franz von Baader (1765-1841), « qui fut médecin, ingénieur, professeur à l'université de Munich, est surtout le plus grand philosophe romantique allemand – avec Schelling –, et le plus important théosophe chrétien de langue allemande au XVIIIe siècle, sans doute même depuis lors ». Comme le précise Eugène Susini, si l'influence de son collègue Hegel « fut plus marquante sur le plan de la philosophie politique, l'œuvre du continuateur de Boehme et de Saint-Martin reste aussi considérable que celle de Hegel (1)». Le texte de Franz von Baader– traduit ici pour la première fois en français – se veut un résumé de la doctrine de Martinez de Pasqually, bien qu'il n'en reprenne en réalité que quelques points. Du reste, il ne comporte que trente deux pages et semble n'être qu'un prétexte à la publication de la notice de René Philipon qui en occupe cent quatre-vingt-douze à elle seule. Noton enfin que la présente réedition a placé le texte de Baader au début de l'ouvrage, alors qu'il figurait en fin de volume dans l'édition de 1900.
La parution de cette première notice ayant entraîné quelques critiques, son auteur jugea à propos de la développer en présentant ses arguments d'une manière plus conséquente. C'est l'objet que remplit sa nouvelle Notice sur le martinézisme et le martinisme. René Philipon en profite également pour souligner les erreurs importantes figurant dans le livre sur Martinès de Pasqually publié par Papus en 1895. Dans cette nouvelle publication, le Chevalier à la Rose Croissante analyse l'histoire de la franc-maçonnerie, celle de l'Ordre des élus coëns et de la Stricte Observance Templière, en s'appuyant sur des documents originaux inédits. Sa conclusion est sans appel : « Il ressort clairement de tout ce que nous avons exposé, que Willermoz et Saint-Martin ne furent nullement les continuateurs de Martinès de Pasqually, et que si Saint-Martin se sépara de Willermoz après s'être séparé de l'Ordre des Maçons-Élus-Coëns, ce ne fut pas pour fonder un Ordre du Martinisme. » Au-delà de la polémique, ce livre reste
un document passionnant. Il témoigne de l'une des premières
tentatives de réflexion objective sur les fondements du martinisme
moderne. On regrettera cependant que les éditions Télètes,
qui sont à l'origine de cette heureuse réédition,
aient inversé l'ordre des deux parties de l'ouvrage, contredisant
ainsi le titre même de l'ouvrage ! De même, on regrettera
l'absence d'une notice introductive permettant de situer le texte de
René Philipon dans son contexte. Dominique Clairembault (1) Eugène SUSINI, « Avant propos », in Franz von BAADER, Fermenta Cognitionis, traduit et présenté par E. Susini, Paris, Albin Michel, coll. « Bibliothèque de l'Hermétisme », 1985. Paris, 2004,
Télètes, 32 p. et 192 p.
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