
Notes:
- Association fondée le 11 septembre 1945, pour étudier la pensée du Philosophe inconnu en dehors de tout cadre initiatique, par Paul Laugénie de Saint-Yves, Edouard Gesta et Robert Amadou, trésorier, et au comité d'honneur, Raymond Bayer, Octave Béliard, André Billy, Mario Meunier, Jean Paulhan et Roland de Renéville.
- Il s'installa rue des Minimes. Pour mémoire, précisons que son fils, Louis-Claude, qui a 25 ans, est depuis deux ans sous-lieutenant de grenadier au régiment de Foix.
- Mon Portrait historique et philosophique, Paris, Julliard, 1961, n° 349 p. 180.
- Mon Portrait... op. cit. n° 454 p. 232).
Son frère François est mort en mai 1750, et son grand-père maternel, François Tournyer, le 23 février 1746.
Vraie et fausse maison natale de L-C. de Saint-Martin
Xavier Cuvelier-Roy
Le touriste peu averti est fort étonné de trouver, à une centaine de mètres de distance, deux maisons natales de Louis-Claude de Saint-Martin : la première située 16/18, place Richelieu, et la seconde rue Rabelais. Occupons nous d'abord de cette dernière.

La véritable maison, place Richelieu et la fausse maison, rue Rabelais
Le 25 août 1946, Les Amis de Saint-Martin [1], accompagnés de plus de deux cents personnes, se réunissaient au seuil de la Boulangerie Perchevis, croyant en toute bonne foi, être devant la maison natale du Philosophe inconnu. Au cours de cette cérémonie, une plaque commémorative fut inaugurée (vue 3) laquelle est toujours en place, en dépit d'une remise en cause qui intervint quelques années plus tard.

Plaque apposée le 25 août 1946. Son financement a été assuré par les droits d'auteur du premier livre de Robert Amadou Louis-Claude de Saint-Martin et le martinisme, publié au Griffon d'or en 1946 .
En octobre 1977 en effet, Bernard-Pierre Girard, un jeune historien d'Amboise, apporta la preuve que la maison inaugurée en 1946 n'était pas la bonne. Consultant l'acte de vente d'une demeure située place Richelieu (appelée place du Grand-Marché au XVIIIe siècle), il eut la surprise de lire que le vendeur ayant cédé cette maison à Nicolas Morès le 10 janvier 1767 [2] n'était autre que le père du Philosophe inconnu, Claude-François de Saint-Martin. Comme le jeune historien le constata lui-même, cette information concordait parfaitement avec ce qu'avait dit Saint-Martin lui-même dans Mon Portrait :
Il m'est arrivé de dire quelquefois que je croyais peu à nos pénates. Mais c'était une distraction, ayant écrit sur cela des idées différentes dans mon traité de l'admiration. Mais en outre, j'ai éprouvé le contraire en allant voir Mr et Me Morès, anglais de nation, et qui occupent la maison où je suis né dans le Grand-Marché à Amboise. J'y ai éprouvé une sensation douce et attendrissante en revoyant des lieux où j'ai passé mon enfance , et qui sont marqués par mille circonstances intéressantes de mon bas âge [3].
Un peu plus loin dans le même texte, il précisait :
Au commencement de Prairial l'an II de la République, je suis venu loger dans un petit appartement chez la citoyenne de Marne, place du Grand-Marché à Amboise. Du jardin de cette maison, je voyais tout auprès de moi la maison où j'ai passé mon enfance. J'y voyais la chambre où je suis né, celle que j'y ai habité avec mon frère jusqu'à l'age de huit ans où il a terminé sa carrière, celle où mon grand-père est mort ; au delà de ce jardin est la colline où reposent les cendres de mon père. [4]
