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> La restauration de la maison

L'une des étapes importantes de la restauration a consisté à enlever les différentes parties qui avaient été ajoutées à la maison natale de Saint-Martin. C'est ainsi que le pavillon construit au XVIIIe siècle sur le côté droit a été abattu.

Cette transformation a permis de mettre en évidence l'escalier conduisant à la cave, encadré désormais par deux murets et visible de la rue.

De même, l'extension qui avait été ajouté sur l'arrière pour agrandir la maison, côté cour, a été détruite, dégageant ainsi complètement la tour d'escalier. Après ces premiers travaux, il restait à restituer à la façade son aspect primitif en enlevant le crépi, pour laisser apparaître le tuffeau de Touraine, cette pierre blanche, poreuse et tendre, très utilisée dans la région.

Grâce à ce nettoyage, les colombages de la façade arrière et de la tourelle sont désormais apparents. Cette opération a aussi permis de mettre à jour un médaillon sculpté sur la façade donnant sur la rue Richelieu. La touche finale de la restauration fut apportée par la réfection de la toiture. À cet effet, les deux lucarnes côté rue qui avaient été démolies dans les années cinquante ont été refaites, mais sans les imposants jambages de style François 1er qui les ornaient du temps de Saint-Martin.

Comme on peut le voir sur les gravures anciennes, la maison natale de Saint-Martin s'intégrait dans un vaste ensemble de bâtiments formant autrefois le collège Charles-Guinot. Elle en constituait la conciergerie. De ces bâtiments, il ne reste plus rien aujourd'hui.

Les ayant jugés trop vétustes pour êtres restaurés, la société Touraine Logements les a fait détruire pour permettre la construction de nouveaux immeubles. Seul demeure le portail qui jouxte la maison.

Le projet de restauration initial avait pour but d'aménager plusieurs appartements dans l'ancienne maison de la famille Saint-Martin. Ce projet a été reconsidéré et le 2 juillet 2004, un permis de construire modificatif a été accordé pour l'aménagement intérieur d'un seul logement au lieu des trois prévus. Plaque apposée sur la facade de la maison natale du Philosophe inconnu, le 26 novembre 1978. Depuis la restauration du bâtiment, cette plaque figure sur le mur reliant la maison au portail.

Le 2 mai 1977, Michel Debré, maire d'Amboise, avait promis de ne pas laisser ce pavillon se dégrader (Le Courrier d'Amboise, n° 73, 1977). Certes, son vœu a été exaucé ; on peut toutefois regretter que ce ne soit pas la ville d'Amboise mais une société de logements sociaux qui ait redonné à cette demeure sa dignité passée. Après avoir été pendant plusieurs années une annexe des bureaux de l'Inspection primaire et une antenne du Centre d'information et d'orientation de Tours, la maison natale de Louis-Claude de Saint-Martin devient un logement social ! Cette destination n'aurait sans doute pas déplu au Philosophe inconnu.

« Il m'est arrivé de dire quelquefois que je croyais peu à nos pénates. Mais c'était une distraction, ayant écrit sur cela des idées différentes dans mon traité de l'admiration. Mais en outre j'ai éprouvé le contraire en allant voir Mr et Me Morès anglais de nation, et qui occupent la maison où je suis né dans la grand-marché à Amboise. J'y ai éprouvé une sensation douce et attendrissante en revoyant les lieux où j'ai passé mon enfance et qui sont marqués par mille circonstances intéressantes de mon bas âge ».

Mon portrait historique et philosophique, Paris, Juillard, 1961, n° 349.

Dominique Clairembault et Marie Frantz