
Notes
- Bossebœuf, Louis-Augustin, Amboise, le château, la ville et le canton, Tours, Péricat, 1897, p. 404 et 478. Coleman, Marguerite, Je visite Amboise, Tours, Arrault, 1933, p. 37. Lesueur, Frédéric, Le Château d'Amboise, Paris, Laurens, 1935, p. 102.
- Bossebœuf, Louis-Augustin, op. cit., p. 404.
- À mon grand regret, un manque de collaboration ne m'a pas permis de dresser la liste complète des maîtres du logis.
- Le mariage de Jean de Saint-Martin, arrière-grand-père du théosophe, avait été célébré en la chapelle du château de Chanteloup. Cf. Girard, Bernard, « Les grandes heures de Chanteloup », avec une introduction de M. le duc de Castries, de l'Académie française, Le Courrier d'Amboise, n° 74, juin 1977, p. 33-40.
- Extrait de la lettre inédite de M. de Saint-Martin adressée aux officiers municipaux d'Amboise, au sujet de l'exemption du péage du pont dont devaient jouir le duc de Choiseul et sa maison. Paris, le 27 avril 1772. Cachet aux armes : d'azur au lion naissant d'or coupé de gueules à une fasce ondée d'argent. Archives communales d'Amboise, DD. 30.
- Cf. Acte de vente Barbes-Descroisettes à Cosnard. Archives communales d'Amboise, M. 196.
- Extrait de l'article publié par Bernard Girard dans le Bulletin 1978 de la Société archéologique de Touraine, p. 791-803.
La restauration de la maison natale de Saint-martin
Dominique Clairembault et Marie Frantz

Nous devons saluer ici l'heureuse initiative de la société Touraine Logement, actuellement propriétaire de la maison natale de Louis-Claude de Saint-Martin, pour avoir entrepris sa restauration. Ces travaux ont été réalisés entre le 18 novembre 2002 et le 26 février 2004.
Un
peu d'histoire
Il faut dire qu'avec le temps, cette demeure avait connu bien des dommages. Dans un article publié en 1978 dans le Bulletin de la Société archéologique de Touraine, Bernard Girard précisait :
Cet immeuble du XVIe siècle a subi au cours des temps certaines modifications. À l'angle sud-ouest se dresse la tour d'escalier dont la partie haute est en colombage. Un petit pavillon, comprenant notamment une antichambre voûtée au rez-de-chaussée, a été construit au XVIIIe siècle contre la façade du levant. L'intérieur du logis, aménagé pour les besoins de l'enseignement, ne mérite pas d'être décrit.
Peu d'historiens ont parlé de cette demeure [1]. Le regretté chanoine Bossebœuf n'avait toutefois pas oublié d'y consacrer quelques lignes : « À l'extrémité, sur la place du Grand-Marché [sic] s'élève une maison de style François 1er qui est devenue le collège ou école supérieure et dont les lucarnes sont rehaussées de jolies arabesques [2]. » La démolition de ces lucarnes, effectuée il y a une vingtaine d'années, fut péniblement ressentie par de nombreux esthètes amboisiens. Il est vrai qu'elles seraient du plus bel effet vues au travers des arbres de la place où le futur théosophe aimait à jouer.
Jusqu'à maintenant, le plus ancien propriétaire connu de la maison du philosophe est son propre père, Claude-François de Saint-Martin [3]. Né le 15 novembre 1717, il était le petit-fils de Jean de Saint-Martin[14], sieur de Borie et du Buisson, premier brigadier des Gardes du Corps du Roi, et d'Anne Le Franc, fille de François Le Franc, seigneur de Chanteloup [4]. Anobli par Louis XIV en 1672, Jean de Saint-Martin occupait une place assez importante au sein de la société amboisienne. Cette position sociale permit à Claude-François d'être élu maire d'Amboise de 1754 à 1756. Puis, grâce au duc de Choiseul, qui avait le privilège de nommer le premier magistrat de la cité royale parmi les trois sujets désignés par l'assemblée des notables, il fut rétabli dans ses hautes fonctions municipales de 1769 à 1776.
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M. de Saint-Martin était un homme courtois et dévoué pour ses administrés comme le prouve ce passage d'une de ses rares lettres conservées dans les archives publiques : « J'oublie aisément mes peines passées, écrit-il, pour me livrer au plaisir de travailler avec vous à rétablir le bon ordre, à soulager les misérables, et à rendre la justice [5]. » Ami du puissant ministre de Louis XV, il fut reçu à Chanteloup avec les honneurs dus à son rang. Son nom figura, sans aucun doute, sur l'une des plaques que le duc avait fait apposer dans le salon de marbre de la pagode. [...]
Le 10 janvier 1767, suivant un acte passé en l'étude de Me Bellin, notaire à Amboise, Claude-François de Saint-Martin vend sa maison du Grand-Marché à Nicolas Morès, ancien lieutenant-colonel d'infanterie [6]. Le père du théosophe s'installe dans une maison située au pied du château, entre le quai de la Loire et la rue des Minimes. C'est là qu'il décède, le 11 janvier 1793, entouré de sa famille et de ses amis [7].
