![]() |
|
:: Le premier exil La citoyenne Vérité se croyait protégée des répressions de la Révolution. Le passage du jeune Louis-Philippe d’Orléans du côté des contre-révolutionnaires va tout changer. Par mesure de répression, le 6 avril 1793, la Convention fait arrêter tous les membres de la famille Bourbon. La duchesse, son frère Philippe Égalité, et les deux fils de ce dernier sont incarcérés à Marseille. Pendant les premiers mois de son emprisonnement, le personnel de Bathilde d’Orléans et quelques-uns de ses amis occupent toujours l’Élysée-Bourbon. Sans doute pensent-ils que la citoyenne Vérité retrouvera rapidement la liberté. C’était marquer là trop d’optimisme.
Dans une lettre datée du 23 octobre 1793, Saint-Martin demande à son ami Nicolas-Antoine Kirchberger de mettre sur ses lettres « en caractères bien lisibles : Au citoyen Saint-Martin, rue du Faubourg-Saint-Honoré, n° 66, à Paris ». Le Philosophe inconnu ne tardera cependant pas à s’éloigner de l’Élysée-Bourbon pour demeurer à Amboise. Dans son journal, il précise qu’au début de l’année suivante, en février 1794, « la maison que j’habitais à Paris devint nationale. J’en fus très affligé par rapport à la maîtresse du logis dont le sort ne semblait pas s’améliorer par là ; j’en fus très affligé aussi par rapport à toutes les personnes attachées à cette maison, qui paraissaient par cet événement être menacées dans leur petite fortune, et leur petit bien-être ; quant à moi particulièrement, j’en remerciai la Providence, parce que cette maison était trop belle pour moi et que j’ai toujours les palais en horreur » (Mon portrait, n° 447). :: L’Élysée devient bien national Devenu bien national, l’Élysée-Bourbon accueille pendant quelque temps l'Imprimerie nationale et la Commission de l'envoi des lois. Il devient ensuite le dépôt des biens et des meubles saisis aux nobles émigrés ou condamnés. Lorsqu’étant à Paris, Saint-Martin voit vendre le mobilier de la rue saint-Honoré, il considère que c’est là « un bel exemple de l’instabilité des choses de ce monde […] ». Et il ajoute : « Je n’avais pas besoin de ces leçons-là pour être sûr que si la roue de la nature ne fait que tourner, à plus forte raison doit-il en être de même de la roue des ouvrages de l’homme. […] D’ailleurs moi qui va toujours cueillant les plantes qui se rencontrent, j’ai toujours été affligé de voir la puérile ardeur de tant de gens à accumuler toutes ces babioles pour les laisser là le lendemain ou par la mort, ou par le dégoût. » (Mon portrait, n° 473.)
A la fin du printemps 1794, Marc Vadier, membre du Comité de sûreté générale et adversaire de Robespierre, demande l’arrestation de Catherine Théot et de ses disciples, prétextant qu’ils constituent un groupe de royalistes. À travers cette accusation, c’est Robespierre qui est visé, car Marc Vadier fera un rapport tentant à démontrer que la fête de l'Être suprême a été organisée en liaison avec le groupe qui se réunit autour de dom Gerle et de Catherine Théot [6]. Le 17 mai, la police fait irruption dans le temple où « la Mère de Dieu » est en pleine cérémonie d’initiation. Catherine Théot et ses amis sont arrêtés, et tous ceux qui étaient connus pour avoir fréquenté son cercle, notamment les hôtes de l’Élysée-Bourbon, sont recherchés.
|
|||
|
||||
© Les textes, documents et illustrations publiés sur ce site sont protégés par un copyright ; leur reproduction, partielle ou intégrale, est interdite. |
||||
| Haut
de page | |