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Quelques textes martinistes sur la prière

 
 

Le secret de notre avancement consiste dans la prière, le secret de la prière dans la préparation, le secret de la préparation dans une conduite pure, le secret d'une conduite pure dans la crainte de Dieu, le secret de la crainte de Dieu dans son amour. Ainsi l'amour est le principe et le foyer de tous les secrets.

Louis-Claude de Saint-Martin
Mon livre vert

 
 

La prière est la principale religion de l'homme, parce que c'est elle qui relie notre cœur à notre esprit ; et ce n'est que parce que notre cœur et notre esprit ne sont pas liés que nous commettons tant d'imprudences, et que nous vivons au milieu de tant de ténèbres et de tant d'illusions. Quand, au contraire, notre esprit et notre cœur sont liés, Dieu s'unit naturellement à nous, puisqu'il nous a dit quand nous serions deux assemblés en son nom, il serait au milieu de nous, et alors nous pouvons dire, comme le réparateur : mon Dieu, je sais que vous m'exaucez toujours.

Louis-Claude de Saint-Martin
Œuvres posthumes, « La prière »

 
 
 

 

La prière est la véritable nourriture de l'âme, c'est là qu'elle met en action toutes ses facultés, c'est de là aussi qu'elle retire ses plus grandes forces et toute l'évidence de la lumière.

Louis-Claude de Saint-Martin
« Suite d'instructions sur un autre plan »

 
 
 

L'étude sans la prière, a dit autrefois un sage est un véritable athéisme et la prière sans l'étude une vaine présomption. C'est-à-dire que celui qui croit pouvoir acquérir une vraie lumière par l'étude et par la seule force de son application, pense et agit comme un athée et que celui qui présume que pour obtenir la connaissance de la vérité, il lui suffit de la demander dans ses prières, sans faire aucun effort pour la découvrir et sans méditer sur ses voies, n'est qu'un homme présomptueux, lâche ou indifférent pour elle. Le premier n'acquerra qu'une science vaine et dangereuse, l'autre restera dans l'ignorance.

Jean-Baptiste Willermoz
Mes pensées et celles des autres, B.M. de Lyon

 
 

Vérité éternelle, tu m’entoures de tes rayons, mais des ombres ténébreuses s’élèvent sans cesse de mon âme et m’empêchent de porter mes regards jusqu’à toi.

Tous les jours, le soir et au milieu de la nuit, le matin et le midi, je t’invoque avec ardeur. Mes efforts sont vains et inutiles. Le voile épais de mes affections matérielles m’ôte le vue de ta lumière.

Les images des objets auxquels j’ai livré mes sens, se placent en foule entre ton action bienfaisante et les faibles efforts de ma volonté ; elles m’égarent et m’entraînent par leurs illusions trompeuses. Tu m’échappes et je perds l’espoir de t’atteindre.

O vérité sans laquelle mon être n’est qu’un néant, je ne cesserai de t’invoquer. Jusqu’à ce que tu aies exaucé mon désir, mes vœux seront mon unique existence. Entends ma voix, viens actionner celui qui t’appelle avec tant d’ardeur. J’abjure l’amour des objets sensibles ; c’est toi seul que je veux aimer et contempler à jamais comme mon unique vie. Car c’est toi qui es la vie de l’homme, et je sais avec évidence que ma destinée est de vivre toujours en toi et avec toi.

Jean-Baptiste Willermoz
Mes pensées et celles des autres, B.M. de Lyon

 
 
 

Où pourrai-je donc trouver la science et la sagesse ? J’ai passé les jours et les nuits dans la recherche et les méditations et je demande encore où elle se tient cachée. L’homme est bien loin de la connaître et d’en savoir le prix.

Elle n’est ni dans les profondeurs de la mer ni dans les abîmes de la terre. Où est-elle donc cette sagesse et cette intelligence ? Où pourrai-je la trouver ? J’ai consulté tous les êtres vivants ; aucun ne l’a encore aperçue, et j’ai vu qu’ils ne l’ont point en eux… Il n’y a que Dieu qui connaisse la route qui conduit vers elle ; lui seul sait où elle se tient.

Lorsqu’il donnait des lois à tous les êtres, qu’il soumettait à ses ordres les ventes et les tempêtes et qu’il dirigeait la foudre dans la carrière qu’il lui imposait, la sagesse était devant lui. Alors, il dit à l’homme : Tu ne trouveras la science et l’intelligence que dans la crainte du Seigneur.

Jean-Baptiste Willermoz
Mes pensées et celles des autres, B.M. de Lyon

 
 
  Note : Les textes de Jean-Baptiste Willermoz composant le recueil intitulé Mes pensées et celles des autres est à la bibliothèque municipale de Lyon (Ms 5476). Nous remercions Mr Pierre Guinard, conservateur, de nous avoir autorisé à les publier ici.  
 

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