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Suite - 3/3

3 – Jean-Baptiste Willermoz

Parmi les figures importantes du martinisme, il faut compter Jean-Baptiste Willermoz. Même s'il a laissé peu d'écrits, on trouve dans un petit recueil intitulé Mes pensées et celles des autres, un texte magnifique dans lequel il souligne la complémentarité de l'étude intellectuelle et de la pratique spirituelle :

 

« L'étude sans la prière, a dit autrefois un sage, est un véritable athéisme, et la prière sans l'étude une vaine présomption. C'est-à-dire que celui qui croit pouvoir acquérir une vraie lumière par l'étude et par la seule force de son application, pense et agit comme un athée et que celui qui présume que pour obtenir la connaissance de la vérité, il lui suffit de la demander dans ses prières, sans faire aucun effort pour la découvrir et sans méditer sur ses voies, n'est qu'un homme présomptueux, lâche ou indifférent pour elle. Le premier n'acquerra qu'une science vaine et dangereuse, l'autre restera dans l'ignorance [19]. »

Jean-Baptiste Willermoz nous a laissé un témoignage de sa pratique spirituelle. En effet, dans le fonds Willermoz de la bibliothèque municipale de Lyon, se trouve un petit recueil couvert d'une étoffe ancienne, composé de 175 feuilles écrites de sa propre main. On peut y lire le texte des Prières des six heures des élus coëns, suivies des Prières particulières pour l'ordre des élus coëns, pour les trépassés, parents et amis, pour le roi et la prospérité du royaume. L'ouvrage se termine par la Prière qu'on doit faire quand on est couché et prêt à dormir. La référence faite par l'une de ces prières au jeune monarque Louis XVI permet de dater ce recueil des années 1774-1785. Ces textes ont été publiés en 1980-1981 dans la revue Renaissance Traditionnelle [20]. Nous remercions M. Pierre Guinard, conservateur du fonds Willermoz de la bibliothèque de Lyon, de nous avoir autorisés à reproduire de larges extraits de ces prières en annexe à cette étude.
D'après une gravue de l'Amphithéatre de la Sagesse éternelle, de H. Khunrath
Que ce soit chez Martines de Pasqually, Louis-Claude de Saint-Martin ou Jean-Baptiste Willermoz, la prière occupe donc une place fondamentale. On peut même aller jusqu'à dire qu'elle constitue probablement le cœur de la voie martiniste. Lors d'une conversation, Robert Amadou nous disait d'ailleurs un jour qu'il n'était pas impossible que la théurgie des élus coëns n'ait été qu'une étape préliminaire à une élévation plus haute que les émules de Martines cherchaient à obtenir au moyen de la prière.

Dominique Clairembault

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[19] Mes pensées et celles des autres, fonds Willermoz, Ms 5476, bibliothèque municipale de Lyon. Ces textes ont été publiés par Robert Amadou dans Renaissance Traditionnelle en 1977, janvier, n° 29 et avril, n° 30.

[20] Renaissance Traditionnelle, 1980, avril, n° 42 et juillet-août, n° 43-44 ; 1981, janvier, n° 45 et avril, n° 46.


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