Retour sommaireSommaire > Etudes > Le Livre de l'homme - 3  
 

Notes :

[27] MARTINES DE PASQUALLY, Traité sur la réintégration des êtres, Le Tremblay, Diffusion Rosicrucienne, 1995, p. 82.

[28] MARTINES DE PASQUALLY, Traité sur la réintégration des êtres, op. cit., p. 99.

[29] SAINT-MARTIN, Louis-Claude de, Des erreurs et de la vérité, op. cit., tome I, p. 253.

[30] SAINT-MARTIN, Louis-Claude de, De l'esprit des choses, op. cit., tome II, p. 181.

[31] SAINT-MARTIN, Louis-Claude de, De l'esprit des choses, op. cit., tome II, p. 170

[32] JACQUES-LEFÈVRE, Nicole, Louis-Claude de Saint-Martin, le philosophe inconnu (1743-1803), Paris, Dervy, 2003. Le lecteur pourra également se reporter à son introduction aux Nombres d'après le manuscrit Prunelle de Lière, de Louis-Claude de Saint-Martin.

[33] MARTINES DE PASQUALLY, Traité sur la réintégration des êtres, op. cit., p. 316-370.

[34] SAINT-MARTIN, Louis-Claude de, Des erreurs et de la vérité, op. cit., tome II, p. 468.

[35] SAINT-MARTIN, Louis-Claude de, Des erreurs et de la vérité, op. cit., tome I, p. 256.
 

Un héritage de Martines de Pasqually

La figure symbolique du Livre de l'homme apparaît dès le premier ouvrage du Philosophe inconnu, à une époque où le jeune adepte de l'ordre des Élus coëns est fortement imprégné de la doctrine cosmogonique de Martines de Pasqually. Aussi ne sera-t-on pas surpris d'y retrouver un certain nombre de thèmes chers au « premier instructeur » de Louis-Claude de Saint-Martin. Le Traité sur la réintégration des êtres rapporte en effet comment Adam, avant d'être émancipé pour dominer les esprits pervers, apprit à connaître tout d'abord « le particulier, composé de tout être actif et passif habitant depuis la surface terrestre et son centre jusqu'au centre céleste appelé mystérieusement ciel de Saturne », puis « le général ou la terre », et enfin la création universelle et ses « habitants spirituels » [27]. De même, le Livre de l'homme révèle au mineur spirituel l'existence des mondes terrestre, céleste, surcéleste et divin, ainsi que les lois qui les gouvernent et les plans divins.

Par ailleurs, pour Martines de Pasqually, l'homme, avant la Chute, dispose du privilège de communiquer de façon directe, immédiate et intégrale avec la pensée divine, mais aussi avec ses semblables et les autres classes d'êtres [28]. Saint-Martin s'en souviendra lorsque décrivant à son tour les droits originels du mineur spirituel, il affirmera que son pouvoir est « si étendu alors, qu'il [a] la faculté de lire à la fois dans les dix feuilles du Livre et de l'embrasser d'un coup d'œil [29]». Le Philosophe inconnu reprendra cette idée dans De l'esprit des choses, en affirmant que le mineur spirituel pouvait « contempler tout, comme Dieu, dans un grand ensemble […] sans succession et d'une manière à la fois universelle et permanente [30] ». Il précisera que tous les mots de sa langue primitive lui ont été « infusés simultanément » par Dieu, sans qu'il y ait eu nécessité d'un apprentissage quelconque [31].

Dans son ouvrage consacré au Philosophe inconnu [32], Nicole Jacques-Lefèvre souligne enfin combien les grands principes de sa symbolique des dix premiers nombres doivent à Martines de Pasqually, pour qui « la loi de création temporelle et toute action divine [sont] fondées sur différents nombres ». Le grand discours de Moïse, au sein du Traité, en constitue d'ailleurs une parfaite illustration [33].

Le Livre de l'homme, une figure symbolique de la doctrine saint-martinienne

Introduit dans son premier ouvrage, évoqué dans le Tableau naturel sept ans plus tard, la figure du Livre de l'homme semble s'estomper, alors que Saint-Martin continue d'affiner les thèmes qui lui étaient liés, comme les nombres ou la langue vraie de l'homme. Certaines incohérences peuvent d'ailleurs êtres relevées. Ce Livre est « donné l'homme dans sa première origine [34] », c'est-à-dire avant qu'il ne prévarique et ne se trouve revêtu d'un corps de matière. Or, la huitième feuille évoque déjà le Christ, « la seule force et le seul espoir de l'homme [35] » après qu'il a chuté, et la neuvième, sa forme matérielle, alors qu'il ne possède encore qu'un corps glorieux.

Peut-être le Livre de l'homme doit-il alors être considéré comme une figure symbolique utilisée a un moment donné par le Philosophe inconnu pour synthétiser l'ensemble de sa doctrine fondée sur un drame en trois temps : complétude et puissance, chute, réintégration ; ce qui a été, est et sera.

Marie Frantz

 

Bibliographie

BRACH, Jean-Pierre, La Symbolique des nombres, Paris, 1994, PUF.
La correspondance inédite de L. C. de Saint-Martin dit le Philosophe inconnu et Kirchberger, baron de Liebistorf, ouvrage recueilli et publié par L. Schauer et Alp. Chuquet, Paris, E. Dentu, 1862.
JACQUES-LEFÈVRE, Nicole, « Le désir de connaissance » et « Le nombre fermente dans le germe des êtres : le bon usage des mathématiques », Louis-Claude de Saint-Martin, le philosophe inconnu (1743-1803), Paris, Dervy, 2003, p. 97-108 et 121-133.
MARTINES DE PASQUALLY, Traité sur la réintégration des êtres, Le Tremblay, Diffusion Rosicrucienne, 1995.
SAINT-MARTIN, Louis-Claude de, « Essai sur les signes et sur les idées », Controverse avec Garat, précédée d'autres écrits philosophiques, Paris, Fayard, coll. « Corpus des œuvres de philosophie en langue française », 1990.
SAINT-MARTIN, Louis-Claude de, « Séances des écoles normales, recueillies par des sténographes et revues par les professeurs », Controverse avec Garat, précédée d'autres écrits philosophiques, Paris, Fayard, coll. « Corpus des œuvres de philosophie en langue française », 1990.
SAINT-MARTIN, Louis-Claude de, De l'esprit des choses, Le Tremblay, Diffusion Rosicrucienne, 1993, tomes I et II.
SAINT-MARTIN, Louis-Claude de, Des erreurs et de la vérité, Edimbourg [Lyon, Périsse-Duluc], 1775.
SAINT-MARTIN, Louis-Claude de, Ecce Homo, Le Tremblay, Diffusion Rosicrucienne, 1993.
SAINT-MARTIN, Louis-Claude de, L'Homme de désir, Monaco, Éditions du Rocher, 1979.
SAINT-MARTIN, Louis-Claude de, Le Ministère de l'homme-esprit, Le Tremblay, Diffusion Rosicrucienne, 1992..
SAINT-MARTIN, Louis-Claude de, Les Nombres, introduction et notes de Nicole Jacques-Chaquin [Lefèvre], Nice, Bélisane, 1983.
SAINT-MARTIN, Louis-Claude de, Tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu, l'homme et l'univers, Le Tremblay, Diffusion Rosicrucienne, 2001.

 

| Retour | Sommaire | Haut de page | Début |
 

© Les textes, documents et illustrations publiés sur ce site sont protégés par un copyright ; leur reproduction, partielle ou intégrale, est interdite.