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Notes :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[10] SAINT-MARTIN, Louis-Claude de, Les Voies de la Sagesse, œuvres posthumes, « Rapports spirituels et temporels de l'arc-en-ciel », Le Tremblay, Diffusion Rosicrucienne, 2000, p. 81-94.

[11] SAINT-MARTIN, Louis-Claude de, « Essai sur les signes et sur les idées », Controverse avec Garat, précédée d'autres écrits philosophiques, Paris, Fayard, coll. « Corpus des œuvres de philosophie en langue française », 1990, p. 191.

 

 

 

 

 

[12] SAINT-MARTIN, Louis-Claude de, L'Homme de désir, Monaco, Éditions du Rocher, 1979, n° 238.

 

La sixième feuille expose les lois de la formation du monde temporel. L'univers fut créé en six jours, par l'opération de six pensées-actions divines.

La septième feuille fait mention des sept plans du royaume céleste et des influences planétaires qui gouvernent aussi bien les mouvements de l'univers que les productions intellectuelles ou sensibles de l'homme.

La huitième feuille traite de la justice et de tous les pouvoirs législatifs. Huit est par conséquent le nombre de l'être réparateur, qui seul peut aider l'homme à se régénérer, l'homme-dieu doublement puissant (4 + 4), le Christ second Adam. Par lui s'opérera la réintégration de l'humanité, comme avant la Chute le mineur spirituel, du sein de l'Éden, devait être la voie par laquelle s'exerçait la justice divine sur les premiers esprits pervers.

La neuvième feuille parle de la formation et de la décomposition des corps physiques, et donc de l'incarnation de l'homme fautif dans un corps de matière.

La dixième et dernière feuille est la plus essentielle ; c'est elle qui tient toutes les autres. Elle est la barrière qui préserve le Créateur de toute part, sa Cour divine, son plérôme, que tout être régénéré réintégrera en s'unissant à nouveau à l'Unité. C'est pourquoi Saint-Martin affirme que la dernière page se trouve avoir le plus d'affinité avec la première.

Ainsi le mineur spirituel recevant avec le Livre de l'homme la révélation de l'origine de toute chose sans confusion – et tout d'abord de la sienne propre, ainsi que de sa destinée –, de l'essence et des propriétés de chaque classe d'êtres, et des rapports qu'elles entretiennent entre elles, possède-t-il la science de tout ce qui a été, est et sera.

Un livre pour administrer l'univers et dominer les prévaricateurs

Le Livre de l'homme, nous l'avons vu, fait partie des attributs reçus par le mineur spirituel à sa naissance. Or, pour Saint-Martin, les attributs d'un être sont appropriés à ses facultés et découlent de sa destination. L'homme n'est émané du sein de la divinité qu'après la prévarication des esprits pervers – donc totalement vierge de toute connaissance du mal –, et c'est cette innocence qui le rend apte à occuper les trois fonctions pour lesquelles il sera émancipé : administrer l'univers, commander les sept agents principaux « préposés pour soutenir l'univers [10] » et dominer les prévaricateurs pour les empêcher de profaner la Cour divine. Ainsi l'homme occupe-t-il une position médiane dans la figure universelle. Il « rapproche, confronte et associe le monde visible avec le monde invisible, la raison avec les objets qui en sont privés [11] ». Il opère dans les quatre mondes divin, surcéleste, céleste et terrestre, des faits de justice et de puissance pour la plus grande gloire de Dieu.
Or, le Livre de l'homme, par ses troisième, septième et huitième pages, lui permet justement de connaître les lois qui gouvernent chaque classe d'êtres dans ces différents mondes. La troisième feuille lui révèle ainsi l'existence des esprits inférieurs ternaires qui firent l'axe feu central incréé, cette barrière de feu destinée à délimiter la Création universelle – c'est-à-dire les monde céleste et terrestre –, et qui soutiennent le monde matériel en produisant constamment les trois essences spiritueuses dont sont formés les corps. Par la septième feuille, le mineur connaît le nombre, la mesure et le poids des sept agents spirituels chargés également de maintenir la création temporelle. Doués de sept dons spirituels, ils produisent une variété d'influences sur les êtres corporels qui entrent en résonance avec eux. L'immensité céleste est leur domaine. La huitième feuille expose les opérations de justice et de gloire des esprits majeurs huiténaires agissant dans les cercles surcéleste, céleste et terrestre. Par la dernière feuille enfin, le mineur spirituel connaît aussi les esprits supérieurs dénaires non émancipés, les seuls esprits restés dans l'immensité divine qu'ils protègent.

Le Livre de l'homme ne révèle pas seulement l'essence des êtres, il expose par ailleurs les lois gouvernant chacune de leurs productions. Nous avons vu que la troisième feuille traitait des trois essences spiritueuses, sel, soufre et mercure, à la base des corps des mondes terrestre et céleste, bien qu'elles-mêmes ne soient pas de nature matérielle ni spirituelle. La neuvième aborde les règles de leurs combinaisons, de la formation à la décomposition des mêmes corps. Les lois ayant présidé à la formation du monde du temps, de l'espace et de la matière, sont quant à elles exposées dans la sixième feuille.

Par le Livre de l'homme enfin, le mineur spirituel est à même de discerner ce qui de toute éternité relève de l'Unité et appartient donc à la première feuille, de ce qui n'est que temporel et temporaire, autrement dit de distinguer le réel de l'illusoire : « D'un côté il y a un, quatre, sept, huit et dix. De l'autre il y a deux, trois, cinq, six et neuf [12].  » Ce savoir aurait dû le préserver de l'idolâtrie et de la fascination de la matière ; nous savons qu'il en fut autrement.

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