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La Gloire |
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Ce corps glorieux
fait allusion à la « Gloire
de Dieu », expression biblique qui désigne Dieu
lui-même,
l'éclat de sa sainteté dans les manifestations perceptibles
de sa présence. Dans l'Ancien Testament, elle est symbolisée
par une lumière éclatante, un feu. C'est la nuée
lumineuse qui apparaît à Moïse sur le Sinaï et
guide le peuple dans le désert, puis descend dans le temple
de Salomon. Dans le Nouveau Testament, cette nuée descend
sur le Christ lors de sa transfiguration sur le mont Tabor. Après
sa résurrection, il entre dans la Gloire de Dieu. |
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Dans la symbolique chrétienne, le nimbe (du latin nimbus, « nuage »), l'auréole des saints, est liée à la manifestation de la Gloire divine et témoigne de la présence en eux de la lumière spirituelle. Cette dernière représentation est antérieure au christianisme. On la trouve dans l'art asiatique et grec, tout comme dans le mazdéisme. L'auréole est en quelque sorte une préfiguration de leur résurrection en un corps glorieux. Selon Origène, ce corps de résurrection aurait la forme d'une sphère. |
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La résurrection Saint Paul associe le corps glorieux à la résurrection. Cette idée d'un retour à la vie après la mort trouve son origine dans un texte de l'Ancien Testament : celui de Daniel, chapitre 12. Cependant, la résurrection dont il est question dans ce texte est particulière. Il ne s'agit pas d'une renaissance devant se produire à la fin des temps, mais d'un retour à la vie dans un futur proche, lorsque des juifs seront délivrés des persécutions d'Antiochus IV d'Épiphane (167-164 av. J.-C.). Alors se produira une résurrection des corps, car, selon l'anthropologie juive, l'âme n'existe pas sans le corps. À la mort, elle s'endort pour se réveiller lors de la résurrection des corps. Ce principe d'une renaissance n'était pas admis par l'ensemble du judaïsme.
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C'est saint Paul qui a développé l'idée de résurrection dans le christianisme [4]. D'abord, il adopte une conception proche de celle de Daniel (premières lettres aux Corinthiens et aux Thessaloniciens). Ensuite, après avoir essuyé les critiques des gentils, il envisage les choses différemment. En effet, contrairement aux juifs, pour qui l'âme n'existe pas sans le corps, les Grecs pensent qu'elle lui préexiste et qu'après la mort corporelle, elle continue à exister sur un autre plan. Paul avait été pharisien, or, une partie d'entre eux croyaient en la métempsycose, et il est probable que cette notion ait contribué à faire évoluer ses idées. |
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Il admettra bientôt que l'âme retrouve un autre corps après la mort. Cependant, pour lui, cette nouvelle enveloppe n'est plus terrestre, c'est un « corps glorieux », une chair spirituelle. Cette évolution se lit dans sa deuxième lettre aux Corinthiens. Cette nouvelle position va lui permettre d'évangéliser les Grecs qui rejetaient le christianisme, entre autres à cause du principe de la résurrection des corps. Celse, dans ses textes Contre les chrétiens, parlait à ce titre de « cette ridicule idée [5] ». En fait, Paul passe de l'idée de résurrection à celle d'immortalité de l'âme. Cette position est d'ailleurs celle des Évangiles où la victoire sur la mort est présentée non pas en termes de résurrection de la chair terrestre, mais d'immortalité. Cependant, comme le rapporte Paul, pour monter au ciel, l'âme prend un « corps glorieux ». Pour lui, nous revêtons en germe ce corps de lumière dès notre baptême par lequel nous « revêtons » le Christ glorieux. |
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[4.] Marie-Émile Boismard décrit ce processus dans Faut-il encore parler de résurrection ?, Paris, Éd. du Cerf, 1995. [5]. Celse, Contre les chrétiens, Phébus, 1999, p. 125. |
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