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Notes

  1. MATTER, Jacques, Saint-Martin, le Philosophe Inconnu, Le Tremblay, Diffusion-Rosicrucienne, 1992, p. 125.
  2. SEKRECKA, Mieczslawa, Louis-Claude de Saint-Martin, le Philosophe Inconnu, Wroclaw, 1968, p. 105.
  3. SAINT-MARTIN, Louis-Claude de, Œuvres posthumes, Tours, Letourny, 1807, tome I, p. 251.
  4. AMADOU, Robert, Trésor Martiniste, Paris, Villain et Belhomme-Éditions Traditionnelles, 1969, p. 92.
  5. Idem, p. 111.
  6. Idem, p. 92-130.

magnétisme3. Saint-Martin et le magnétisme

A la lecture de ce discours, même si le Docteur Audry commet quelques erreurs (mais nous sommes en 1922) nous pouvons constater que dans l'ensemble, il partage globalement l'opinion du Philosophe Inconnu à l'égard du magnétisme. Selon l’un de ses meilleurs biographes, Matter, « il regardait l’ensemble des phénomènes magnétiques et somnambuliques comme appartenant à un ordre de choses inférieur, mais encore digne d’études suivies [1]. » Il n’avait aucun projet de savoir magnétiser, ni pour lui, ni pour les autres mais il cherchait « une théorie capable de lutter avec succès contre le matérialisme.

Du mesmérisme, il voulait déduire des preuves sensibles de l’existence de Dieu et de l’âme [2] ». Mais il avait peu d’estime pour Mesmer, « Mesmer, cet homme qui n’est que matière, et qui n’est pas même en état d’être matérialiste. Cet homme, dis-je, qui a ouvert la porte aux démonstrations sensibles de l’esprit, et cela immédiatement après que le monde avait été inondé pendant quarante ans par les déraisonnements philosophiques. Tel a été l’effet du magnétisme [3] ». S’il n’a jamais douté de son existence qu’il plaçait dans « l’astral » et non dans « le divin », Saint-Martin considérait le magnétisme comme non compatible avec sa conception de la théosophie : « Pour ceux qui croient à notre origine spirituelle, à notre dégradation et à la médiation d’un être puissant et seul capable de nous régénérer […] il y a au moins quelque différence entre la carrière du magnétisme et la carrière de la lumière [4] ». Pour le Philosophe Inconnu, pas de doute : La Lumière, c’est le Principe même qui opère, tandis que pour le magnétisme, c’est l’homme, l’homme seul qui agit et, nous précise-t-il, « j’ai la persuasion qu’on ne croira plus avoir fait l’œuvre de Dieu quand on aura fait ce qu’il n’ordonne pas […] surtout quand on jettera les yeux sur les précipices qui bordent cette ténébreuse carrière [5] ».

De son rapide passage à la Société de l’Harmonie le 4 Février 1784, Saint-Martin produira au cours de la même année, deux petits traités mis au jour et publiés par Robert Amadou, qui se révéla sur la piste, plus persévérant que Matter. Nous les trouvons dans Trésor Martiniste, sous les titres de Réflexions sur le magnétisme, suivi Du somnanbulisme et des crises magnétiques [6]. Ils nous révèlent que Saint-Martin ne fut pas long à saisir tous les dangers sur la voie empruntée par quelques uns de ses amis.

D’aucuns prétendront qu’il n’en a pas tiré si rapidement que cela les leçons, puisque six mois plus tard, il manquera de peu, de se fourvoyer dans l’affaire de l’Agent Inconnu. Nous pensons le contraire, qu’ayant effectivement décelé les faiblesses grâce à son expérience, il sut à temps se dégager de l’impasse. fin

Xavier Cuvelier-Roy
(02/04/2009)

Voir aussi

> Lettre de Saint-Martin au conseiller du Bourg à propos du magnétisme (1784)

> Lettre sur la magnétisme. Certains auteurs attribuent ce texte, publié par Jean-Philippe Dutoit-Membrini dans La Philosophie divine en 1793, à Louis-Claude de Saint-Martin. Les avis sont partagés sur ce point.

> Xavier Cuvelier-Roy : La maison de Saint-Martin à Lyon en 1775 / 1776