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L.-C. de Saint-Martin : Études

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› Les archives de J.-B. Willermoz

à la bibliothèque municipale de Lyon

      Henry Joly      

Notes :

1. Pseudonyme du docteur G. Encausse.

 

2. Martines de Pasqually, sa vie, ses pratiques magiques, son œuvre et ses disciples. - Paris, Chamuel, 1895. - In-18.
Martinésisme, willermosisme, martinisme et franc-maçonnerie. - Paris, Chamuel, 1899. - In-16.
Louis-Claude de Saint-Martin. - Paris, Chacornac, 1902. - In-18.

 

3. Archives secrètes de la franc-maçonnerie. Collège métropolitain de France à Lyon, 11e province dite d'Auvergne, 1765-1852. - Lyon, 1893. - 11 livraisons.

 

4. Willermoz (Jean-Baptiste), 1730-1824. - Les Sommeils. Etude de Emile Dermenghem. - Paris, la Connaissance, 1926. - Pet. in-8°.

 

5. Viatte (Auguste). - Les Sources occultes du romantisme 1770-1824. - Paris, Champion, 1928. - In-8°. Tome I, ch. 2, Le premier martinisme.

 

6. Vulliaud (Paul). - Les Rose-Croix lyonnais au XVIIIe siècle. - Paris, Emile Nourry, 1929. - In-8°.

 

7. L'Occultisme et la franc-maçonnerie écossaise. - Paris, Perrin, 1928. - In-16.
La Franc-maçonnerie occultiste au XVIIIe siècle et l'Ordre des élus Coens. - Paris, Dorbon, 1928. - In-8°.

 

8. Manuscrits fonds général 5.425, 5.426, 5.430.

 

9. Manuscrits fonds général 5.466, 5.467, 5.468.

 

10. Archives anciennes, mss. fds. gén. 5.471 à 5.485. - Archives modernes, mss. fds. gén. 5.486 à 5.493.

 

11. Van Rijnberk (Gérard). - Un Thaumaturge au XVIIIe siècle, Martines de Pasqually, sa vie, son œuvre, son ordre. - Paris, Alcan, 1935. - In-8°, 204 p. (Tome second. - Lyon, Derain-Raclet, 1938. - 188 p., 4 pl.)
- Episodes de la vie ésotérique 1780-1824. Extraits de la correspondance inédite de J.-B. Willermoz, du prince Charles de Hesse-Cassel et de quelques uns de leurs contemporains. - Lyon, Derain, 1948. - In-8°.

 

12. Joly (Alice). - Un Mystique lyonnais et les secrets de la franc-maçonnerie, 1730-1824. - Mâcon, Protat, 1938. - Gr. in-8°, VIII-332 p., 9 pl.

 

13. Mss. fds. gén. 5.525, 5.526, 5.527.

Ce texte a paru dans le n° 6 du Bulletin des bibliothèques de France en 1956, sous le titre : « Les archives maçonniques de J.-B. Willermoz à la Bibliothèque municipale de Lyon », p. 420-424. Nous remercions M. Yves Alix, le rédacteur en chef du Bulletin, de nous avoir autorisé à le publier sur ce site.


Le rôle important joué par Lyon, dans l'histoire des sociétés secrètes occultistes au XVIIIe siècle, tient presque entier dans un seul nom : celui de Jean-Baptiste Willermoz. C'est à la fin du XIXe siècle seulement que Papus [1], en même temps que le personnage du mystique lyonnais, révéla l'existence d'archives abondantes : rituels, cahiers de grades, réglements de Loges, registres de séances, correspondances officielles ou intimes, conservées par Willermoz, avec le soin et la précision d'un véritable archiviste, masse de documents que l'auteur avait acquise à Lyon, en 1894. Mais les travaux de Papus [2] manquaient de rigueur critique et surtout, faits du seul point de vue ésotérique, ils ne touchèrent qu'un public confidentiel. Quant aux documents dont il s'était servi, ils furent, après sa mort en 1917, vendus par son fils à Emile Nourry, qui les garda jusqu'en 1934.

Peu avant 1900, un public encore plus restreint put apprendre que le docteur Encausse n'était pas le seul possesseur de papiers des Loges lyonnaises du XVIIIe siècle. En 1893, en effet, la publication, par livraisons périodiques, des Archives secrètes de la franc-maçonnerie, portant comme nom d'auteur les pseudonymes de Steel Maret [3] révélait qu'un lot important de documents willermosiens étaient demeurés dans la région lyonnaise. La chose éveilla si peu d'intérêt que, faute de souscripteurs, les Archives secrètes durent s'arrêter au n° 11.

Pour que l'attention fut, à nouveau, attirée sur Willermoz, il fallut attendre l'étude et la publication de textes, où, le premier, Emile Dermenghem, abordait la question, en 1926, dans un esprit scientifique  [4]. Peu après, Auguste Viatte soulignait l'importance des recherches ésotériques du XVIIIe siècle pour l'histoire des idées [5], Paul Vulliaud, utilisant les documents Nourry, dans ses Rose-Croix lyonnais [6], marquait surtout l'origine lyonnaise du mouvement mystique, tandis que René Le Forestier, maître en la matière, poursuivait ses travaux d'après les maigres sources publiées [7].

En dépit des extraits plus ou moins étendus qu'en donnaient ces ouvrages, le fait que les archives Willermoz restassent propriété privée, partant hors de portée des travailleurs, maintenait le problème de la franc-maçonnerie mystique dans une sorte de clair obscur, où voisinaient confusément le somnanbulisme, le baquet de Mesmer et le magnétisme animal, Saint-Martin le philosophe inconnu, Martines de Pasqually et, au centre duquel, se profilait, toujours énigmatique, « à mi-corps en son demi-secret », Jean-Baptiste Willermoz, négociant lyonnais en soieries, grand initié et non moins grand initiateur, à force de zéle méthodique et de persévérance.

Cependant, la Bibliothèque de Lyon avait acquis, en 1931 et 1932, de Gabriel Willermoz - petit-neveu de Jean-Baptiste, qu'il n'appelait jamais autrement que l'Oncle - une importante série de lettres inédites et inconnues, adressées à Willermoz par son ami Perisse-Duluc, député aux Etats-généraux et à la Constituante et par le chevalier de Grainville, fidèle disciple de Pasqually [8]. Le classement de ces lettres avait déjà montré leur intérêt comme sources de première main, à la fois pour l'histoire de la franc-maçonnerie et pour celle de la Révolution française. Elle achetait également, en 1933, des pièces administratives de la Triple union de Marseille et une correspondance de Willermoz avec le vénérable de cette Loge [9].

Aussi, dès qu'un catalogue d'Emile Nourry eut mis en vente ce qu'il appelait, avec plus de pittoresque que d'exactitude, les Archives anciennes et modernes des Rose-Croix, la Bibliothèque de la ville de Lyon se porta-t-elle immédiatement acquéreur du lot entier, qui, le 1er décembre 1934, entrait au fonds général des manuscrits. En sus des documents du XVIIIe siècle, il comprenait toute une correspondance personnelle de Papus avec les martinistes de son obédience, en France, aux colonies et à l'étranger, et des lettres ou papiers d'occultistes notoires, comme Saint-Yves d'Alveydre et Stanislas de Guaita  [10]. Ce premier fonds d'archives de Willermoz, où le classement devait déceler une richesse documentaire plus grande encore que ne le laissait prévoir le catalogue de vente, fut assez vite connu et exploité. Il rendit possibles de nouvelles publications de textes  [11] et des travaux constructifs  [12] qui ont jeté, sur l'illuminisme, une lumière plus exacte et plus complète.

Enfin, en 1936, la bibliothèque acquérait les derniers documents restés en possession de Gabriel Willermoz : correspondance de Jean-Baptiste avec son frère Pierre-Jacques et une série de rituels, de diplômes et de décorations maçonniques  [13].

 

 

Suite

 

Henry Joly (1892-1970)

Né à Paris en 1892, Henry Joly voit ses études interrompues par la Première Guerre mondiale qui le laissera handicapé. Après une licence de lettres, il entre à l’École des chartes, où il fait la connaissance d’Alice Bouvier (1), sa femme et collaboratrice, et présente sa thèse en 1922 sur L’expédition en Corse (1553-1559), épisode de la rivalité franco-espagnole dans la Méditerranée occidentale.

Pendant près de quarante ans, Henry Joly va exercer la fonction de conservateur en chef des bibliothèques de la ville de Lyon. Il y organise de nombreuses expositions au succès retentissant, dont la dernière en 1962, un an avant sa retraite, sur Voltaire, Rousseau et les sociétés de pensée. Ses efforts pour avoir fait de cet établissement un centre culturel vivant et de renommée mondiale lui vaudront d’ailleurs la médaille d’officier de la Légion d’honneur.

Henry Joly a publié de nombreux articles, des travaux de caractère scientifique comme son Essai de chronologie des archevêques de Lyon au Xe siècle, en 1937, mais aussi des ouvrages de vulgarisation. Il meurt en octobre 1970 à Asnières, où il s’était retiré (2).

Marie Frantz

Notes :

(1) Alice Joly est l'auteur d'une célèbre biographie sur J.-B. Willermoz :

Un mystique Lyonnais et les secrets de la Franc-Maçonnerie, Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), Mâcon, 1938 - réedité avec un avant propos et un index d'Antoine Faivre, Paris, Demeter, 1986.

(2) Notice réalisée d'après l'article de René Lacour « Henry Joly (1892-1970) », publié dans Bibliothèque de l'Ecole des chartes, année 1970, volume 128, numéro 2, p. 521-523.

 

 

 

 

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