Discours
prononcé par Octave Béliard en 1946 lors de l'inauguration
de maison natale du Philosophe inconnu à Amboise. >> Lire
Notes :
[1]
Paris, Tassel, s.d. [1907], 224 p.
[2] Manuel
bibliographique des sciences psychiques ou occultes, Paris,
1912, n° 921.
[3] Ce
récit est publié dans la revue Lectures pour
tous, revue littéraire populaire, illustrée
et de petit format (environ 70 pages). On y trouve des pièces,
de courtes histoires et aussi des sujets d'actualité.
Pendant la Grande Guerre, cette revue publie ainsi de nombreux
articles sur la guerre.
[4]
Le texte de cette conférence sera
publié dans
le n° 44, novembre-décembre 1932, p. 32-37, de la revue Atlantis.
Fils
de Luc-Célestin Béliard, capitaine au long cours,
et d'Octavie-Agathe Metagy, Octave est né à Paimboeuf
le 12 décembre 1876. Après des études à Ancenis
et à Nantes, il devient médecin. En 1896, alors qu'il
n'a que vingt ans, il est initié au martinisme et fréquente
la loge Les Temps nouveaux de Nantes, où il se lie
avec le Dr Auguste Chauvet, ami et médecin de Saint-Yves d'Alveydre.
Auguste Chauvet, lecteur attentif des œuvres du Philosophe inconnu,
avait présenté à la loge Les Temps nouveaux un
long discours intitulé « Claude de Saint-Martin (le
Philosophe-inconnu), interprétation de sa véritable doctrine
et de son application comme base de la sociologie », texte
qu'il publiera en 1905 sous le pseudonyme de Saïr.
En 1903, Octave Béliard épouse
une Angevine, Jeanne Rabjeau, et s'installe quelque temps à Montjean-sur-Loire.
Ses inclinations le portent davantage vers la littérature que
vers la médecine, et il rédige régulièrement
des articles pour la Revue du théâtre Graslin et
pour le Nantes mondain. Il finit par abandonner plus ou moins
la pratique de la médecine pour s'installer à Paris.
En 1907, il publie avec son ami le Dr Léo Gaubert Le Périple [1].
Albert-Louis Caillet présente ce livre comme un « ouvrage
des plus détaillés sur l'occultisme et ses différentes
branches, et qui jouit de la plus haute estime parmi les initiés
[2] ».
Par la suite, il écrit plusieurs nouvelles, parmi lesquelles
nous citerons : Aventures d'un voyageur qui explora le temps (1909)
[3], Le
Passé merveilleux (1909), ou Une exploration polaire
aux ruines de Paris (1911).
En 1920, après la Première Guerre mondiale, Octave Béliard
publie Sorcières, rêveurs et démoniaques, une étude
sur les croyances et pratiques superstitieuses dans l'histoire. Il
y évoque les origines de la sorcellerie dans l'Antiquité,
ses développements au Moyen Âge, l'ésotérisme
au XVIIIe siècle et l'occultisme contemporain. Historien scrupuleux,
il relate aussi des faits qu'il a lui-même observés et
les travaux de grands savants. Mais Octave Béliard est plus
un romancier qu'un historien, et son livre La Petite-Fille de
Michel Strogoff lui vaudra en 1927 le prix Jules Verne honorant
les auteurs de science-fiction.
Parallèlement à ses travaux de
plume, il se passionne pour les mystères de l'occultisme. La
Première Guerre
Mondiale a mis fin à la grande période du martinisme,
qui n'a guère survécu à la mort de Papus, survenue
en 1918. L'Ordre s'est fractionné en petits groupes. Octave
Béliard se tourne vers d'autres horizons, et en 1921, avec
Auguste Chauvet et Léon Gaubert, il tente de créer l'Ordre
des chevaliers du Christ, de l'Ordre du Graal, groupuscules qui ne
connaîtront jamais d'existence réelle. Le médecin
nantais reste en relation avec ses amis martinistes. En janvier 1921,
accompagné de Victor-Émile Michelet et Hans Ryner, il
donne une conférence sur le thème « La douleur » à La
vie morale, à Paris. Finalement, Octave Béliard
se joint à Victor-Émile Michelet et Augustin Chaboseau,
qui, loin des disputes de ceux qui se présentent comme les successeurs
de Papus, perpétuent au sein d'un petit groupe la tradition
martiniste. Á partir de 1931, ce groupe devient l'Ordre Martiniste
Traditionnel. Le docteur Béliard, chancelier de l'Ordre, est
membre du Conseil suprême.
Pendant
cette période il participe aux
activités du
groupe Atlantis de Paul Le Cour (1861-1954). Lors du cinquième
banquet platonicien organisé par la revue en 1932, il donne
une conférence sur « L'Immortalité en Égypte
[4] » et
fait paraître la même année Au long du Nil.
Son retour vers le martinisme semble relancer son intérêt
pour la métapsychique, et en 1933, il publie Magnétisme
et spiritisme. En 1936, il écrit pour la revue Mesures, « L'Annonce
du Nouvel Homme », le texte que nous présentons ici.
Cette étude se divise en deux parties. La première est
une introduction à la pensée de Saint-Martin, dans laquelle
Octave Béliard insiste sur la récurrence du mot homme
dans quatre des œuvres majeures du Philosophe inconnu : L'Homme
de désir, Le Nouvel Homme, Ecce Homo et Le
Ministère de l'homme-esprit. La seconde partie de l'article
propose des extraits caractéristiques du Nouvel Homme,
introduits chacun par un titre composé par Octave Béliard
lui-même. Ces textes, dit-il, présentent « l'autocréation
de notre être spirituel, dont le réparateur, en son existence
humaine, fournit l'exact et vivant modèle du nouvel homme, fils
de l'homme de désir ».