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Les Amis de Saint-Martin

La Société des Amis de Saint-Martin reprit ses activités en 1972, sous la présidence de Léon Cellier et la présidence d'honneur de Robert Amadou. En 1975, elle nomma à son bureau Antoine Faivre (vice-président), Nicole Chaquin [Jacques-Lefèvre] (secrétaire générale) et Jean Robert Armogathe (trésorier). Les autres membres du conseil d'administration étaient Annie Becq, Yvon Belaval, André Boyer, Pierre Deghaye, Jean Fabre et René Guilly. Aujourd'hui en sommeil, cette société a beaucoup contribué au renouvellement des études saint-martiniennes, en particulier par sa revue Les Cahiers de Saint-Martin, qu'elle publia entre 1976 et 1990. L'éditorial figurant dans son premier numéro présente l'esprit qui anime les Amis de Saint-Martin, leurs objectifs ainsi que les limites de leur « tâche difficile mais féconde ».


Extrait de l'éditorial du premier numéro de la revue publié en 1976

Les Cahiers de Saint-Martin sont l'organe de l'Association des Amis de Saint-Martin. L'esprit a été défini par ses statuts : il s'agit de contribuer à une meilleure connaissance des oeuvres du Philosophe Inconnu et de l'Illuminisme au XVIIIe siècle.

En quoi consiste cette contribution ? Dans notre contexte, ce mot signifie : recherche historique et littéraire, travaux sur l'histoire des idées, publication de documents. C'est-à-dire que nous ne prétendons nullement rivaliser, de quelque façon que ce soit, avec des organismes ou des revues à caractère initiatique. L'Association et ces Cahiers proposent une approche historique, universitaire, des questions évoquées, des textes présentés.

Universitaire ne signifie pas nécessairement positiviste ou réducteur. Aussi bien les personnes qui organisent les activités de l'Association ou qui ont préparé ces Cahiers ne sont-elles les porte-parole d'aucune chapelle philosophique ou politique, elles ne prétendent délivrer ou interpréter aucun « message ». Toutes ont des raisons, diverses et personnelles, d'éprouver de l'intérêt pour le Philosophe Inconnu. Certaines d'entre elles sont même ses disciples spirituels et vivent la théosophie saint-martinienne dans sa spécificité, mais si l'une d'elles désire s'exprimer en tant que martiniste ou qu'Homme de Désir, elle préfèrera le faire en collaborant aussi à la revue L'Initiation, aux Cahiers de l'Homme Esprit, ou à d'autres revues d'aussi bonne tenue.

De même qu'il n'est pas question pour nous de « récupérer » Saint-Martin ou ce qu'il représente, de même notre unique objectif est de fournir des matériaux de travail à tous ceux qui, aux titres les plus divers, s'intéressent à lui et au milieu qui fut le sien. Les uns utiliseront ces matériaux pour des travaux d'érudition n'ayant avec la théosophie que des rapports indirects, d'autres en vue d'études sur l'histoire des idées, d'autres encore, Hommes de Désir, pour trouver dans les citations de ces « Cahiers » quelques perles spirituelles.

Créée en 1945 par Robert Amadou, notre Association a pris force et vigueur en 1972, sous la présidence de Léon Cellier et la présidence d'honneur de Robert Amadou. L'Assemblée Générale du 1er mars 1975 a élu le Bureau actuel, qui se compose de Antoine Faivre (Président), Léon Cellier (Vice-Président), Nicole Chaquin (Secrétaire générale) et Jean-Robert Armogathe (trésorier). Elle a confirmé dans ses fonctions le Conseil d'Administration, dont les membres sont, outre ceux du nouveau Bureau : Annie Becq, Yvon Belaval, André Boyer, Pierre Deghaye, Jean Fabre et René Guilly. Robert Amadou a été élu Président d'honneur par l'Assemblée Générale du 2 décembre 1973.

Notre association est donc avant tout un groupement de chercheurs. Elle se considère comme une filiale de la « Société d'étude du XVIIIe siècle » [1]. À ce titre, elle se donne pour objectif de rendre à l'étude de l'Illuminisme la place qui lui est due, de démontrer la richesse de la pensée saint-martinienne, d'imposer l'idée que le siècle des Lumières fut aussi le siècle des Illuminés. Elle se considère aussi comme une filiale de la « Société des Etudes Romantiques ». D'importantes thèses ont été consacrées à l'ésotérisme et à la théosophie au XIXe siècle, mais elles ne sont pas parvenues à dissiper entièrement les idées reçues concernant les véritables inspirateurs, les maîtres à penser des écrivains romantiques. En étudiant le rayonnement de Saint-Martin, nous montrerons que c'est le Philosophe Inconnu qui mérite le nom de « Sachem du Romantisme ». Nos recherches ne se bornent pas, du reste, à la seule personne de Saint-Martin, et, de même que l'étude de son rayonnement dépasse les frontières de la France pour s'étendre à toute l'Europe et au Nouveau Monde, c'est l'Illuminisme européen du XVIIIe siècle qui constitue le véritable champ de nos études. [...]

Léon CELLIER
Nicole CHAQUIN
Antoine FAIVRE

Liste des principaux collaborateurs de la revue :

Becq, Annie Jacques-Chaquin [Lefèvre], Nicole
Bowman, Frank-Paul Keller, Jules
Boyer, André Le Pape, Gilles
Cellier, Léon Ley, Francis
Centeno, K. Yvette Marx, Jacques
Corsetti, Jean-Paul Mercier, Alain
Fabry, Jacques Michaud, Stéphane
Faivre, Antoine Nahon, Michelle
Friot, Maurice Susini, Eugène
Gengembre, Gérard  

Pour obtenir le sommaire des numéros des Cahiers, cliquez sur les images ci-contre >>

[1] Société Française d'étude du Dix-huitième siècle, fondée en 1964, la Société a pour mission d'encourager toute étude portant sur le XVIIIe siècle, sans limitation de pays ou de domaine de recherche. >> Lien :

Visiter le site ce cette société d'étude

 

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